MES GONES

Trois ans

Samedi, mon Petit bonheur tu as soufflé tes trois bougies tant attendues!

Trois ans.

Forcément j’ai repensé à ce matin particulier, où la joie et l’émotion sont entrées par la grande porte dans nos vies, nous faisant aimer pour toujours le mois de novembre.

Un mardi matin, et toi si petit, arrivé trop tôt, trop vite, que je n’ai vu quelques secondes seulement avant notre transfert en neonat.

Il aura fallu plusieurs jours pour oser entrer en contact spontanément, pour oser te toucher ou te prendre sans être effrayée par tous ces fils et tous ces bips, plusieurs semaines pour tisser ce lien si fort qui nous lie et plusieurs mois pour apprendre à se connaître et à grandir ensemble.

Trois ans. La toute petite enfance derrière toi maintenant.

La sucette encore souvent vissée, le doudou trimballé.

Tes petites manies qui me font sourire.

Ta détermination, quoi qu’il arrive.

L’école, la cantine, les copains.

Les mercredis aprèm, avec papa.

La baleine, le vers de terre et le ouistiti qu’on écoute dans la voiture quand tu t’impatientes et que tu connais par cœur.

Ta petite main qui se glisse dans la mienne sans demander.

Le vélo bleu à roulettes et le casque rouge tant désiré, les premiers playmobil et tout un monde, le tien, à créer.

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BONHEURS

Des petits plats, beaucoup d’amour

Pendant les trois semaines en néonat à la naissance de Petit bonheur, j’ai pris pendant douze jours des repas fournis par l’hôpital.

On descendait parfois au self le midi avec Mister bonheur, pour décompresser, relâcher la pression et le stress le temps d’un repas. Ca nous faisait du bien de sortir un peu du service où nous passions toutes nos journées (et moi mes nuits), ne serait ce que pour aller quelques étages plus bas.

Côté gustatif, la première semaine ça allait, après les repas hôpital ça lasse, même quand la nourriture est « correcte ».

De toutes façons, les onze jours suivants, j’avais le droit de rester en chambre mère-enfant avec Petit bonheur (un luxe pour ceux qui connaissent la prématurité) mais pour les repas il fallait qu’on s’organise par nous-même, ils n’étaient plus pris en charge dans le statut « accompagnant ».

Mister bonheur dormait à proximité de l’hôpital (merci la belle famille!) et faisait deux trois allers-retours par semaine à la maison. Il gérait le linge et préparait quelques plats simples, toujours délicieux. Il n’avait pourtant pas trop la tête à ça et les journées avec nous, étaient longues pour lui aussi.

La dernière semaine, on commençait à réaliser ce qui se passait pour nous et pour Petit bonheur, c’était pas facile tous les jours, d’autant qu’on a finit en chambre double (deux mamans, deux prémas = pas beaucoup de repos).

Ma cousine, qui habite à proximité de l’hôpital nous avait rapporté plusieurs petits plats. Une fricassée de volaille aux petits légumes, un couscous, des muffins maison, des fruits et d’autres plats simples et bons, comme à la maison.

Quelques plats. Tellement plus. De l’amour, du soutien.

Des plats pour dire je suis là.

Certains cadeaux de naissance ne coûtent pas cher, mais ont une valeur inestimable, comme ces petits plats.

Des petits plats pour nourrir le corps, l’âme et gonfler le cœur.

FRUITS

MES GONES

Deux enfants, un manduca

Le portage, j’en avais envie. Je l’ai vécu comme une nécessité avec Petit bonheur.

Pendant plusieurs mois, il n’a dormi que dans le manduca en journée (jusqu’à 4h d’affilées), le reste du temps il hurlait (RGO, coliques, ceux qui on connu ça SAVENT) ou tétait.

J’ai souvent eu envie de le poser mon manduca, mais Petit bonheur était bien ainsi et donc on était bien. On pouvait avoir une conversation sans se fracasser les tympans et un semblant de vie normale.

Mieux il dormait la journée, mieux il dormait la nuit. Le choix était vite fait et on enfilait à tour de rôle le porte bébé.

Sans cette possibilité d’apaiser Petit bonheur, on n’aurait pas tenu le coup.

J’ai appris à être muti-tâches, à tout faire avec (arpenter l’appart pour calmer Petit bonheur, manger, siester en mode koala, vider le lave vaisselle, lire un bouquin etc), en ayant l’impression, parfois pénible, que le portage était un prolongement de la grossesse.

Petit à petit, mon fils s’est endormi seul, dans son lit, sans « ré-éducation » particulière, parce qu’il était prêt, il n’avait plus besoin de ce contact permanent ou de la position verticale pour le soulager.

J’ai arrêté de Porter Petit bonheur vers ses 5-6 mois. Il n’en avait plus besoin, je n’en avais plus envie.

J’ai ressorti le manduca quelques fois, pour le plaisir, comme ça. Rarement. J’avais eu ma dose de portage!

Et puis Jolie douceur.

Jolie douceur avait un fort besoin de proximité ,bien que moins intense, les premiers mois.

Et c’est quand même pratique, le manduca en balade. Surtout avec deux enfants rapprochés. Ca évite de se trimballer un tank de poussette double.

Alors je l’ai portée. Par plaisir. Pour son confort, le mien, parce que j’aimais l’avoir tout près, contre moi. En me sentant libre de faire un autre choix.

Le manduca est encore accroché dans l’entrée, à côté des manteaux. Il sert de moins en moins. J’ai vendu le trio poussette-cosy-nacelle, mais je n’ai pas envie de ranger le porte bébé. Pas encore. Pas pour toujours.

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REAL LIFE

Parallèle de vie

Sur une belle idée de Sophia

Février 2011

Depuis plus d’un an on a envie d’un bébé, d’ailleurs on a récemment emménagé dans un appart + spacieux, avec deux chambres. On lâche prise

Je trouve un nouveau job deux mois plus tard et la même semaine je chuchote au creux de l’oreille à Mister bonheur qu’un Petit bonheur se love dans mon ventre…

CLES

Février 2012

Petit bonheur a trois mois. Trois mois passés tous les trois, avec Mister bonheur très impliqué dans son rôle de papa poule. Les premières semaines ont été très éprouvantes entre la prématurité, les coliques, l’allaitement exclusif, nos inquiétudes et les nuits hachées menues.

Le froid glacial ne nous permet pas de sortir aussi souvent qu’on aimerait avec notre tout petit que l’on sait fragile et vulnérable.

On trouve nos marques, on apprend à se faire confiance, à s’organiser autrement.

Mister bonheur se prépare à se lancer à son compte. Quant à moi, j’ai obtenu l’agrément d’assistante maternelle.

Nouvelle vie et nouveau cap professionnel.

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Février 2013

Petit bonheur a 15 mois. Il s’autonomise à vue d’œil. Il marche et apprend à manger seul. Il englouti ses bib en un temps record.

Ma mère vit un peu chez nous, pour m’aider avec Petit bonheur puisque je suis alitée. La cohabitation n’est pas simple tout les jours mais on s’en sort tous plutôt bien avec une copieuse dose de bonne volonté et elle assure avec son petit fils qui lui rend au centuple.

A mesure que les semaines passent, je me détends, sachant que les risques de naissance prématurée sont minimisés pour numérobis.

Je sors néanmoins très peu et ça me frustre beaucoup. Je me repose, je lis, je positive en mode bidon centrée 😉

Je profite des dernières semaines de notre, finalement courte, vie à trois, de ma (dernière?) fin de grossesse entre deux contractions.

On fignole les préparatifs pour le bébé et je me demande si tout compte fait les vêtements naissance serviront. Je me prépare au changement, j’ai hâte!

Mister bonheur organise une soirée surprise: il a réservé une table dans un bon restau japonais et booke la baby sitter. Une belle initiative pour se retrouver en amoureux avant le grand saut qui approche…

Je vais donner naissance à Jolie douceur, notre soleil, une semaine plus tard jour pour jour, heure pour heure.

On est aux anges.

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Février 2014

Petit bonheur parle, connait les contraires, les couleurs, plein d’animaux et sait compter jusqu’à deux! Il réclame chaque jour le toboggan et ne veut plus aller dans la poussette.

Jolie douceur va souffler sa première bougie, dans quelques jours. Elle est joyeuse, sourit beaucoup et applaudit à tout va.

Le resto de Mister bonheur tourne bien et je m’apprête à reprendre le boulot.

On est crevé et heureux. On a besoin de passer du temps à deux, de se retrouver, nous. On sort en amoureux dès que l’occasion se présente et elle se présente souvent ces derniers temps.

On fait de grandes balades avec les enfants, on parle de voyages et des vacances.

Je sieste dès que possible, c’est encore vital à ce stade! Je fais du yoga, je bouquine dès que j’ai une minute. En somme, je me réapproprie des morceaux de vie sans eux, et j’apprécie pleinement le bonheur de la vie de famille.

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GROSSESSE

Il y a un an

Il y a un an je sortais de l’hôpital à 34 semaines de grossesse.

Je me souviens…

Du soulagement sans nom d’avoir passé le cap de la grande prématurité, condition sine qua non de sortie. La menace d’accouchement prématuré devenait moins terrifiante.

De l’étudiante sage-femme aussi douce qu’adorable venue me dire au revoir alors qu’elle ne s’occupait pas de moi ce jour là. De cette douce sensation d’être considérée comme un être humain, pas juste une patiente ou un lit qui se libère.

De l’apaisement soudain lorsque l’autorisation de sortie était arrivée, enfin. Avec des recommandations de repos (23h/24h m’avait on dit) mais chez soi c’est pas pareil!

De Mister bonheur connaissant ma hâte de rentrer à la maison qui avait speedé comme un fou, pour venir me chercher à 14h30, après le service du midi. Il a organisé ma sortie administrative, chargé mon bordel les valises, rapproché la voiture au plus près et roulé le moins sport plus doucement possible. Mon prince.

Je me souviens du plaisir d’enfiler mon manteau, bien rempli, pour prendre l’air après 18 jours d’isolement d’hospitalisation précipitée, de gouter ce froid saisissant, ce froid qui pince. Je me souviens des quelques pas pour aller jusqu’à la voiture, tellement heureuse j’aurai dansé (mais ce n’était pas conseillé). Une sortie! Je savais que les occasions de sortir seraient rares pour les semaines suivantes, mais qu’importe!

Et la joie, indescriptible de retrouver mon Petit garçon, de lui donner son biberon le soir, son petit corps lové contre le mien. La joie de le voir grandit, me donner ses cubes, me tendre un livre pour une histoire depuis le canapé, le voir jouer avec son père.

La joie d’être chez moi, tant pis pour le bazar, l’appart attendrait encore un peu avant d’être rangé.

Et retrouver mon lit, mon homme, ma vie qui reprenait son cours.

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REAL LIFE

2013 le bilan

 

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2013 a été une année particulièrement intense et riche en émotions.

J’ai versé beaucoup de larmes (de fatigue ou de peine), j’ai aussi beaucoup ri et j’ai vécu des moments simples, plein de tendresse et de complicité, avec les miens.

On a tâtonné, beaucoup. J’ai souvent cherché l’équilibre entre la mère, la femme, la compagne et jonglé pour trouver la gestion du temps pour répondre aux envies et besoins de chacun, y compris les miens.

Début 2013, j’ai eu peur. Enceinte, j’ai fait une menace d’accouchement prématuré (MAP) à j’ai été hospitalisée presque trois semaines, puis en repos strict à la maison. J’ai connu l’angoisse de revivre l’expérience de la prématurité et tout ce que ça implique. C’était une expérience éprouvante pour nous tous, et très frustrante puisque je n’ai pas pu m’occuper de Petit bonheur pendant plusieurs semaines, mais Mister bonheur a carrément assuré!

A mesure que les semaines me rapprochaient de la date du terme, je me suis détendue, j’ai savouré les derniers moments de grossesse et de repos. J’ai bouquiné autant que je pouvais, avant notre rencontre magique avec Jolie douceur.

En mars, retour à la réalité, au quotidien bien speed, à la joie de vivre à 1000 à l’heure et de ne plus être assistée dans mes faits et gestes! Avec un nourrisson et un Petit bonheur devenu grand frère à même pas 16 mois, il nous a fallu un peu de temps pour prendre nos marques, petit à petit, dans notre nouvelle vie à quatre

En avril et en mai on a eu sommeil, on a eu la tête sous l’eau, j’ai profité du bonheur d’un allaitement juste parfait, avec Jolie douceur. On a passé le cap des trois premiers mois, on a pris du temps en amoureux, un peu, il le fallait, car inévitablement, le navire a tangué.

Petit bonheur s’est pété le bras, juste avant les vacances, Heureusement ça ne nous a pas empêché de passer un très bel été en Bretagne. On s’est retrouvé, on a dormi (merci maman!) on s’est baladé, oxygéné, régénéré.

A la rentrée, j’ai repris les rennes de l’organisation. Ouf, il était temps! J’ai aussi retrouvé mon vendredi child free.

En octobre, Mister bonheur a organisé une mini escapade de princesse, en Bourgogne, pour mon anniversaire. Un moment parfait avec un très bon restau, du très bon vin et une chambre d’hôte juste géniale.

En novembre j’ai eu beaucoup de joie et beaucoup de peine. Petit bonheur a eu deux ans. On a fait une belle fête pour le célébrer. Des semaines après il nous parlait encore des ballons accrochés et des bougies qu’il a soufflé, magique!

Puis, ma grand mère adorée nous a quitté, laissant un immense vide dans nos vie. Elle avait terminé sa mission, bien rempli nos cœur de son âme généreuse, laissant la famille gonflée d’amour et très soudée.

En décembre on a tout fait pour se mettre dans l’ambiance de la magie de Noël, avec notre premier calendrier de l’avent home made, les préparatifs de Noël. J’ai même fait un chouette swap.

On a passé du temps ensemble, tous les quatre, recentrés sur notre essentiel, notre cocon. On a vu du monde, on a apprécié le temps passé en petit comité, avec chacun.

Etre en vacances, même chez soi, c’est quand même bien agréable!  Des moments simples, comme j’aime, avec des rires, des câlins, des histoires.

J’ai moins aimé la laryngite-double otite de Petit bonheur, suivie de près par trois points à l’arcade, à quelques jours de finir l’année.

Pour finir l’année en beauté, on a préparé un petit voyage à deux, pour commencer 2014 plus amoureux et reposés que jamais!

BLA BLA BLA, MES GONES

Deux ans

Deux ans, mon tout petit. Mon déjà grand.

Deux ans d’émotions, plus bien plus fortes que tout ce qu’on a connu avant.

Avant toi. Comme si cette vie là n’avait jamais existé.

Je repense avec tendresse à tout ce chemin que tu as fait, depuis ton premier souffle, depuis notre rencontre.

Je n’ai plus peur, cette force extraordinaire de vie, tu l’incarnes à merveille avec détermination.

Deux ans mon trésor joli. C’est beaucoup et pourtant encore petit.

Deux ans de joie, deux ans de toi.

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