ETRE PARENTS, LOVE ETC...

Les enfants, le boulot, le couple

Un weekend child free pour se retrouver, pour être ensemble, pour être bien.

On parle beaucoup de la fatigue, de l’épuisement qui suivent une naissance. Mais la tornade pour le couple reste un peu taboue, non?

On croyait être forts, on a sacrément ramassé à l’arrivée de Petit bonheur, un bébé aux besoins intenses, qui bousculait complètement notre mode de vie.
Et puis Jolie douceur. Un bébé facile. Pourtant un nouvel équilibre à trouver. A quatre.

L’impression de se perdre, d’être dans une spirale, de s’oublier. Un trop plein d’émotions à canaliser.
Ne plus savoir pourquoi on s’aime. Des larmes, des cris, des mots durs et des valises qu’on fait dans sa tête.
Se souvenirs des jours heureux en attendant que l’éclaircie se transforme en beau temps.

Ce weekend, child free j’ai retrouvé mon amoureux. L’homme avec qui j’ai eu envie d’avoir des enfants.
L’homme doux, attentionné, à l’écoute et compréhensif. Celui que je retrouve à chaque fois en escapade.
Insérer le couple dans le quotidien familial c’est un autre défi.

Les enfants au taquet tout juste récupérés (et épuisés), le boulot avec un peu + d’intensité et le quotidien chaud cacao (le réveil à 6h, 3 enfants toute la journée, une tonne de bêtises, 10 repas par jour à eux trois, un protocole pour la sieste, 2 bains, l’aspirateur et les sols, les valises à défaire, 5 machines en 24 heures, le frigo à remplir).
La fatigue qui revient si vite avec ce rythme dur à tenir, surtout lorsqu’on relâche un peu. Savoir que les moments de rush sont passagers et de + en + brefs, et surtout qu’on sait les gérer.
Laisser passer les nuages et rester soudés.

Ajouter une journée de crèche pour Jolie douceur, où elle adore aller, pour se faciliter la vie.

Faire des listes pour les vacances.

Anticiper. Retrouver ses marques.

Laisser une place grandissante au couple dans la famille au fil des semaines.

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BONHEURS

Des petits plats, beaucoup d’amour

Pendant les trois semaines en néonat à la naissance de Petit bonheur, j’ai pris pendant douze jours des repas fournis par l’hôpital.

On descendait parfois au self le midi avec Mister bonheur, pour décompresser, relâcher la pression et le stress le temps d’un repas. Ca nous faisait du bien de sortir un peu du service où nous passions toutes nos journées (et moi mes nuits), ne serait ce que pour aller quelques étages plus bas.

Côté gustatif, la première semaine ça allait, après les repas hôpital ça lasse, même quand la nourriture est « correcte ».

De toutes façons, les onze jours suivants, j’avais le droit de rester en chambre mère-enfant avec Petit bonheur (un luxe pour ceux qui connaissent la prématurité) mais pour les repas il fallait qu’on s’organise par nous-même, ils n’étaient plus pris en charge dans le statut « accompagnant ».

Mister bonheur dormait à proximité de l’hôpital (merci la belle famille!) et faisait deux trois allers-retours par semaine à la maison. Il gérait le linge et préparait quelques plats simples, toujours délicieux. Il n’avait pourtant pas trop la tête à ça et les journées avec nous, étaient longues pour lui aussi.

La dernière semaine, on commençait à réaliser ce qui se passait pour nous et pour Petit bonheur, c’était pas facile tous les jours, d’autant qu’on a finit en chambre double (deux mamans, deux prémas = pas beaucoup de repos).

Ma cousine, qui habite à proximité de l’hôpital nous avait rapporté plusieurs petits plats. Une fricassée de volaille aux petits légumes, un couscous, des muffins maison, des fruits et d’autres plats simples et bons, comme à la maison.

Quelques plats. Tellement plus. De l’amour, du soutien.

Des plats pour dire je suis là.

Certains cadeaux de naissance ne coûtent pas cher, mais ont une valeur inestimable, comme ces petits plats.

Des petits plats pour nourrir le corps, l’âme et gonfler le cœur.

FRUITS

ETRE PARENTS

Question d’éducation

J’ai reçu une éducation libre et douce, qui manquait peut être un peu de cadre, allez savoir.

Une éducation peu conventionnelle, mais joyeuse.

Chez nous ainsi que chez ma grand mère, chez qui je passais beaucoup de temps,  il y avait beaucoup de liberté, très peu d’interdit. J’avais une liberté de parole, et j’étais encouragée à exprimer mon avis et mes émotions.

Je n’étais pas tentée de dépasser les limites, parce que des limites j’en avais peu, en fin de compte. J’ai appris tôt à me gérer. La ligne de conduite était le respect, notre contrat tacite.

Ma mère et ma grand-mère savaient, sans qu’on leur ait jamais expliqué, ce qu’est l’éducation bienveillante, non violente (sans gifle ni fessée) et participative.

Aujourd’hui on peut lire, trouver des ressources là dessus. Elles, elles savaient avec leur cœur.

Trouver l’équilibre entre le cadre rassurant, la fermeté bienveillante et la liberté qui laisse à l’autre l’espace d’être soi, that is the challenge…

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REAL LIFE

Le planning

La semaine, quand je suis seule avec les enfants, j’ai trouvé mon rythme et ça roule. On a nos repères.

Les clashs du quotidien, avec Mister bonheur, viennent de la fatigue et de notre organisation bancale, lorsque l’on est ensemble. Quand ce n’est pas le bon moment de faire les choses du quotidien, qu’on a pas anticipé ce qui peut l’être, tout devient compliqué avec les enfants au milieu. Ou je lui demande de faire quelque chose, et puis finalement chose encore, et ça le déstabilise.

On tâtonne. Enfin JE tâtonne. Mister bonheur suit le mouvement. Ici le chef d’orchestre c’est bibi. Notre vie est un tétris où l’on fait notre possible pour tout imbriquer en gardant des plages de repos, des moments pour chacun, des loisirs. Et du temps ensemble, chaque jour, parce que ce sont ces moments de vie qui oxygènent notre famille.

Pour remettre les choses à plat, j’ai fait un planning, redistribué (un peu) les tâches. Tout ça a un côté rigide, je vous l’accorde. J’essaie! Quitte à assouplir, ensuite, une fois le cadre posé. J’ai fait en sorte qu’on ait le moins de corvées (ménage/courses etc) le week end, histoire de se poser, de passer du temps de qualité, ensemble. D’ailleurs j’ai créer une liste type chez un supermarché qui livre à domicile. Une à deux fois par mois, ça peut le faire. Le prix de la livraison me semble LARGEMENT compensé par le temps et l’énergie économisés. 

J’ai osé inscrire encore + de temps pour moi, dans les cases du planning. Et même une grasse mat avec ptit dej au lit le dimanche! Rassurez-vous Mister bonheur a aussi des moments pour roupiller.

L’idée c’est que visualise les taches qui lui sont attribuées, et celles qui incombent à l’autre. Peut être que ça calmera le jeu coté comptes incessants.

Peut être que Mister bonheur appréciera d’avantage ce que je fais et qu’il ne voit pas, ces détails qui font que le logis devient cocon.

Peut être que j’apprécierai sa participation à sa juste valeur.

Peut être que j’arrêterai de le solliciter de façon intempestive, puisqu’il sait ce qu’il a à faire et qu’il agira de lui même. Espérons, que ça le motive à remettre le sac poubelle!

Au début, il était un peu réticent (le changement le stresse), il avait peur que je lui rajoute des trucs. Et puis il s’est rendu compte que oui il y avait effectivement quelques missions supplémentaires mais aussi des plages libres dont il pourra disposer comme il l’entend. 

Il joue le jeu.

La bienveillance est revenue et les initiatives aussi. Je crois qu’il nous fallait ça, un espace défini pour chacun.

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BLA BLA BLA, ETRE PARENTS

Il suffit d’un rien

Il suffit d’un imprévu qui retarde une fois (une fois de trop la même semaine) Mister bonheur, chef d’une toute petite entreprise, qui se retrousse les manches, oublie de compter ses heures et gére tout un tas de petits tracas.

Il suffit d’une heure de + seule avec les enfants alors que mon seuil de tolérance est franchi depuis longtemps, parce que je n’ai pas assez dormi, parce que je n’ai plus de résistance à la fatigue (deux ans que je donne intensément de ma personne sans compter la grossesse woo-oo pour Petit bonheur) et l’on bascule dans un monde parallèle.

Il suffit d’une crise monumentale de Petit bonheur suivie d’une sieste écourtée de Jolie douceur (parce que ces jours là rien ne se goupille comme il le faudrait c’est bien connu)  et tout devient trop.

Trop fatiguant, trop pénible. Trop rahhhhhh! Trop pour moi.

Je fusille du regard Mister bonheur parce qu’il est rentré à 15h30 au lieu de 14h30 LE jour où les gosses sont déchainés. Ambiance. Lui s’attendait à un accueil chaleureux, après son dur labeur, parce que s’il rentre + tard que d’habitude, c’est qu’il travaille beaucoup. Moi, là, j’ai juste envie de le pourrir.

Si je tire sur la corde c’est que Mister bonheur fait pareil de son côté et inversement. Souvent on finira épuisés, avec une sensibilité à fleur de peau (pour moi) et une susceptibilité décuplée (pour lui). Une engueulade pour tout, pour rien, à la clé.

Je n’aurai pas le courage de désamorcer.

Et de toutes façons ce sera forcément LUI le responsable. Parce que s’il était là bordel, qu’il m’aidait un peu, je serai pas aussi crevée. Parce que je fais TOUT (c’est une impression, en vrai il m’aide autant qu’il peut). Moins je serai sympa, + j’aurai besoin qu’il le soit. Mais (et je le comprends) ça ne le motivera pas…

Avant de partir en vrille je préviens. Je me connais par cœur. Je sais quand ça monte. Des fois faut faire avec, jusqu’au clash. Je m’en prends à lui, plutôt qu’aux petits. On reste une famille unie mais notre couple ramasse!

Je préfère passer le relais à Wonder daddy et faire un tour ou me faire une toile pour redescendre en pression. Tant pis s’il râle parce que mes moments off sont fréquents. Plus le quotidien est intense, +  c’est nécessaire, pour moi, pour eux, pour nous. Parce que le pilier de la famille c’est moi.

Et que si je dors, si je souffle, si je vais bien, ça va. Pour moi, pour eux. Pour nous tous.

Parce qu’il suffit d’un rien, d’une heure ou deux, dans un sens comme dans l’autre, pour que tout dégénère ou aille pour le mieux.

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LOVE ETC...

Et le couple alors?

On était un couple fusionnel et indépendant à la fois. Un couple très amoureux, plein d’attentions, de sms, de tendresse.

Un couple qui voyageait, partait en week end, se faisait des apéros terrasse à la Croix rousse le dimanche midi, après le marché. Un couple qui dinait souvent au resto le lundi.

Parce qu’on se connait depuis longtemps, qu’on était ce couple solide, qu’on a eu envie de sauter le pas : de fonder une famille. Notre famille.

Maintenant que les enfants sont nés, on est surtout parents. On est tous les deux très investis dans nos rôles respectifs. Encore heureux, parce que deux tout-petits c’est du job!

Donc, on est parent chaque jour que Dieu fasse. Et on est un couple, parfois, quand on a le temps. Quand on trouve le temps. Ca demande une ‘énergie considérable de trouver ce temps là. Des fois on a la force. Des fois non.

On se fait vite rattraper par le quotidien, l’intendance, la logistique, la fatigue, les reproches. Il y a tellement de petits détails auxquels penser pour que ça tourne avec les enfants. Et puis il y a à faire! Les courses, le linge à plier puis ranger, le lave vaisselle à vider, les couches à changer, les repas à préparer, les séances de kiné de Petit bonheur, l’heure du casse croute de Jolie douceur, les bains à donner, le sac poubelle à changer, les jouets à ranger. etc etc. Sans parler de l’attestation Caf à envoyer, du dossier crèche à remplir, les factures de l’entreprise à déposer chez le comptable and so on.

Par nécessité, avec Mister bonheur on a défusionné. On se répartit les tâches, on s’alterne, on optimise. Je deviens experte en gestion ultra chronométrée. C’est ainsi qu’on réussi à se dégager des moments libres, chacun de son côté, de temps en temps, pour un match de foot, un ciné. Des moments pour souffler. C’est vital.

Mais des moments rien qu’à nous, où l’on partage une activité, un resto, une expo, une balade, comme avant, on en a peu. Trop peu.

Les fois où on fait garder les enfants, la pression est tellement forte, la barre est haute, il faut absolument que tout soit parfait, puisque ces moments là sont si rares.

Le week end, on part se promener en famille, on continue de vivre bien sûr, même s’il faut s’adapter aux rythmes des enfants. C’est chouette, d’être tous ensemble.

Mais le couple c’est autre chose encore. Apprécier l’autre pour ce qu’il est plutôt que ce qu’il n’est pas, ce qu’il fait plutôt que ce qu’il n’a pas fait…

Retrouver la bienveillance,   le regard tendre, s’enlacer, faire des photos de nous deux, se prendre par la main, avant c’était naturel et là ça devient un challenge (on a tout le temps un ou deux enfants ou une poussette à gérer!). Comment réinstaurer cette bienveillance quand le quotidien prend inévitablement le dessus, pour un temps (toute leur petite enfance??!), quand on arrive tout juste à se dire bonjour parce que Petit bonheur nous réveille à 6h30 avec ses hurlements (ça c’est vraiment hard). Le matin au lieu de l’embrasser je lui file un coup de coude, à demie-endormie, pour qu’il y aille, quand j’ai pas la force. Il est où le romantisme, hein?!

Et le soir on s’endort épuisé et je n’ai pas souvent la force de l’attendre jusqu’à minuit, à son retour du boulot. Parce que je SAIS qu’à 6h30, si la nuit est bonne, c’est reparti mon kiki.

Alors on s’aime, l’amour est là, toujours. Différent. En sourdine. J’aime si fort partager tout ça avec lui et je sais que ce qu’on vit renforce nos liens.

On sait que la passion et la spontanéité du plaisir d’être ensemble, tous les deux, reviendront. Mais elles ne reviendront pas toute seules.

Je compte bien sur les vacances pour passer un peu le relais (merci maman!) et retrouver mon amoureux.

J’ai hâte!

coeur

MES GONES

Si c’était à refaire

Avoir deux enfants rapprochés c’est du sport.

De la folie, un peu. Surtout si on décide de s’en occuper soi-même et qu’on a pas beaucoup de relais autour. C’est encore plus dingue si le papa vient de se lancer à son compte et travaille avec détermination (au hasard 12h par jour minimum).

Avoir deux enfants rapprochés est un choix qui demande de l’énergie et de la patience.

On s’est dit foutu pour foutu, tant qu’on est dans les couches, les nuits pourries… Je ne sais pas si dans quelques années, quand ils seront un peu + autonomes, que j’aurai retrouvé un peu de liberté (comment ça je rêve?!) et qu’on fera d’autres activités j’aurai envie de remettre ça. Pas sûre. On voulait plusieurs enfants. Pour qu’ils partagent ce lien unique de fraternité, que je ne connais que trop peu. On voulait qu’ils soient suffisamment proches pour jouer ensemble et partager des activités.

Ce choix, qui en était bel et bien un, n’était pas prémédité. On s’est laissé porter par la voie du cœur et par cette envie viscérale de bébé qui s’est manifestée rapidement après la naissance de Petit bonheur. Parce que ma raison n’aurait pas fait ce choix là, c’est clair. La raison aurait trouvé plein d’arguments: grossesse éreintante, fatigue extrême, traumatisme des coliques du nourrisson, couple qui tangue, argent, disponibilité, aspect matériel, une chambre pour deux, grasse matinée etc. Mais ma raison je l’ai mise en veilleuse en faisant le choix de devenir maman.

Oui les journées sont bien remplies. Oui le rythme est intense. Oui il y a des moments où j’en ne peux plus. Oui et re-oui.

Mais deux enfants rapprochés c’est surtout une chance inouïe. Un joli cadeau de la vie..

Une chance parce qu’on a attendu pour le premier, suffisamment pour trouver ça long, et pas du tout pour la deuxième.

Une chance parce qu’on a pu réaliser notre rêve et fonder une famille.

Une chance parce qu’ils sont déjà si complémentaires et si complices. Et mon petit doigt me dit que je n’ai encore rien vu.

Petit bonheur lui apporte des jouets, lui prête son doudou.

Petit bonheur court vite pour aller voir ce qu’il se passe lorsqu’elle pleure et veut lui remettre sa sucette.

Petit bonheur met sa casquette pour la balade et me tend le bob de sa sœur.

Petit bonheur prend les mains minuscules de sa sœur dans les toutes petites siennes et qui lui chante une chanson à sa façon. Et elle sourit autant qu’elle peut.

Elle a les yeux qui pétillent et le visage qui s’illumine quand elle le voit.

Elle observe tout ce qu’il fait avec beaucoup d’attention.

Le soir il y a ce moment où je les couche. Encore un bisou pour la petite. Encore un bisou pour le grand, en dernier. Des mots doux et des je t’aime pour chacun.

Et le bonheur qu’ils soient là, tous les deux.

Frère et sœur.

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