ETRE PARENTS

Celle qui ne voulait pas d’enfant

J’ai aimé cette période d’insouciance, l’Erasmus, les petits boulots, Turin au petit matin, la lumière si particulière d’Angleterre, les weekends à la roots, les soirées qui finissent tard, les marchés-apéros du dimanche midi à la croix rousse, les restau en amoureux, la vie sans autres horaires que les miens, les siens, un poil en décalé.

J’aime le calme, le silence pour rêver, les conversations ininterrompues, la spontanéité, les réveils en douceur, les nuits de 8h d’affilées.

J’aime prendre le temps de cuisiner tranquillement, sortir quand j’en ai envie. Etre libre. Libre.

Je ne voulais pas d’enfant.

Trop de bruit. Trop pour notre budget. Trop de responsabilités, d’abnégation. Trop d’engagements envers moi-même, surtout.

La vie de ceux qui en ont eu avant nous ne me faisait pas rêver. Je ne les enviais pas, je ne voulais pas vivre ça. Même si les enfants viennent vers moi depuis toujours et qu’ils me font craquer aussi.
Pas envie de renoncer à quoi que ce soit, de tomber dans tous les clichés.

Et notre amour, nos envies, ont grandi…

Cette envie entre peur et désir à fait son chemin pour fleurir comme une évidence.

Et puis lui, un doux mardi de novembre. Un mardi matin ensoleillé, sans un nuage à l’horizon. Nous deux et lui, si petit. Nous trois.

Rapidement j’ai su avec mon cœur, qu’on ne s’arrêterait pas là.

Elle est née un soir de février, quinze mois plus tard.

Je ne voulais pas d’enfants.

Il y a mille choses qui ne nous arriverait pas à nous, évidemment, que l’on a vécu, et que l’on vit. Evidemment.

Peu importe parce qu’ils sont là, si beaux, si joyeux et qu’ils grandissent si vite finalement.

Ils sont là et j’ai parfois du mal à me souvenir d’avant, quand je ne voulais pas d’enfant.

20140410_155647 (2)

Publicités
ETRE PARENTS

L’amour face à la résistance

20140330_163842

Petit bonheur fait de la résistance quand il est contrarié ou que quelque chose ne lui va pas.

Depuis tout petit.

De la résistance par les hurlements où on ne s’entend plus.

De la résistance en se cabrant pour ne pas être changé.

De la résistance en se cabrant bis, pour ne pas être mouché.

De la résistance pour ne pas aller au bain s’il n’est pas décidé.

De la résistance pour ne pas sortir du bain.

De la résistance par les maladies infantiles à répétitions lorsque j’étais enceinte de Jolie douceur.

De la résistance par le sommeil perturbé à la naissance de sa sœur ou à ma reprise du boulot.

Bref de la résistance sous toutes les formes. Ambiance je fais ce que je veux, point.

Bébé il demandait une immense disponibilité, son réservoir d’amour semblait se remplir au compte-goutte et se vider en un clin d’œil.

Terriblement frustrant et usant! C’est dur de ne pas voir de résultat, quand on donne beaucoup, au delà de soi, jusqu’à se sentir impuissant.

On a eu envie de baisser les bras, mais on est parent, on ne peut pas.

Je me souviens d’avoir passé le relais à Mister bonheur pour sortir prendre l’air un quart d’heure, marcher un peu, respirer, plus d’une fois les premiers mois (oui même par -10°!) .

Petit bonheur a un caractère bien affirmé. Il sait ce qu’il veut, ne veut pas. Quand il a une idée en tête, dur de le faire changer d’avis. J’aime me dire que c’est une force, que ça lui servira plus tard. Mais là maintenant, hum hum, comment gère-t-on?

C’est un enfant et le monde ne fonctionne pas toujours comme il l’a décidé.

Il y a des règles non négociables genre l’heure du coucher ou donner la main pour traverser.

On l’écoute (trop?). On le protège (trop?), parce qu’on sait que derrière cette résistance se cache une grande sensibilité et une difficulté à gérer ses émotions.

Je me positionne autant que possible dans une démarche de coopération avec lui, c’est + simple pour tout le monde (les rapports de force ne sont pas une option de facilité avec lui car il est très « tonique »).

On explique. Encore. Encore. Encore.

On reste ferme sur certains points, c’est aussi en fixant des limites, toujours les mêmes, qu’on sécurise. Aimer ce n’est pas tout permettre.

Maintenant, qu’il parle, qu’il répète certains gestes et attitudes, qu’il est + autonome et + apaisé, je me dis que cela n’est pas vain, que toute la patience et l’amour transmis sert de socle invisible.

J’en ai la preuve.

REAL LIFE

Cuisiner avec un enfant de deux ans

Préparer des repas variés au quotidien avec deux enfants au milieu, sacré challenge, non?

Pendant un temps c’était un poil compliqué, c’est vrai. Petit bonheur ne comprenait pas qu’il fallait un temps de préparation AVANT de manger et s’impatientait vivement.

Depuis qu’il a deux ans, je l’implique davantage au quotidien, parce qu’il est très demandeur. J’apprécie beaucoup la diversité des activités que l’on peut partager lorsque les enfants grandissent.

Chaque semaine je lui propose de préparer quelques plats avec moi. Et vous savez quoi? Il adore ça!

Cuisiner à mes côtés l’aide à comprendre la temporalité avant (préparation) – après (le repas), le début, la fin et à accepter l’attente lorsque le plat est encore trop chaud pour être consommé ou que ce n’est pas encore l’heure.

La cuisine devient un chouette laboratoire d’apprentissage, un lieu pour développer la patience, la motricité fine, la coordination, le langage.

On a notre rituel. Il va chercher son marche pied, se lave les mains et s’installe près de moi avant que je lui explique ses missions.

Je coupe le poulet et il met les petits morceaux dans le bol. Il s’applique consciencieusement. Ensuite, au moment opportun, il verse le contenu dans la casserole, sur les petits pois. On tourne. En faisant attention, parce que c’est chaud! Voilà un bon exercice de transvasement.

On prépare des pommes de terre au four. Je coupe  il dispose les pommes de terre dans le plat. On assaisonne, je sale, il met l’origan. On brasse à pleines mains. Ensuite Petit bonheur m’a parlé du four qui fait « tic tac »  et qui est « chaud chaud » alors j’ai suivi ses consignes 😉

Couche par couche on monte les lasagnes ensemble: je verse la sauce, on l’étale, il dispose les pâtes et la mozza.

On fait des quiches (un bon moyen de lui faire manger des poireaux soit dit en passant), il pique la pâte préalablement étalée, m’aide à verser l’appareil, dispose ça et là le fromage.

Jolie douceur, commence à râler dans sa chaise à côté. Elle aussi voudrait bien participer! Va falloir que je trouve des missions à lui proposer…

20140226_093722

20140226_110549

ETRE PARENTS

Maman autrement

018

Il y a quelques mois j’écrivais qu’un deuxième enfant c’était plus facile qu’un premier.

Enfin pour moi.

Bien sur ça dépend de l’enfant et de mille choses (dont le sommeil, parce que si ça cloche tout le reste cloche aussi).

Après l’expérience de la prématurité qu’on a connu avec Petit bonheur combinée à la découverte de la parentalité, de la fatigue extrême, ce qui vient ensuite ne peut sembler que plus facile.

Avec Petit bonheur tout était compliqué. Tout me semblait compliqué, pour moi, novice. La prématurité, le démarrage de l’allaitement, les liens à tisser, à réparer. Les nuits blanches. Les hurlements. Les coliques. La frustration, l’opposition. Les maladies infantiles à répétition. Autant de difficultés auxquelles je n’étais pas du tout préparée et dont j’ai souvent parlé ici.

Petit bonheur a fait voler tous nos repères en éclats, bousculé une à une nos certitudes. Je me demande au fond si c’est vraiment nous qui l’aidons à grandir ou bien l’inverse, tant il nous apprend chaque jour!

Lorsqu’il était bébé on se mettait des freins nous-mêmes, sans doute, parce qu’il pleurait beaucoup, parce qu’on le savait + fragile qu’un autre les premiers mois.

Il y a des choses que je n’osais pas faire seule avec lui, parce qu’un bébé qui hurle, pour bien des gens, ça veut dire une mère qui ne sait pas calmer son bébé, qui ne fait pas se qu’il faut, qui n’assure pas. J’avais peur de l’image que j’aurais pu renvoyer. Et puis je n’avais pas envie de d’incommoder…

On m’a dit un jour, c’est plus facile avec Jolie douceur, parce que vous êtes différent aussi.

C’est vrai. Mille fois vrai.

Ca peut paraitre dingue d’agrandir la famille alors qu’on a tant à faire avec le premier, que tout n’est pas comme on l’avait fantasmé, mais chez nous, l’arrivée de Jolie douceur nous a aidé à trouver la sérénité et m’a permis de me dépasser, encore. Comme quoi…

Depuis qu’on est quatre je n’ai plus peur de sortir seule avec deux enfants (en manduca et poussette canne au départ, en double maintenant, et bientôt en poussette canne et tablette, youhou), d’être longtemps temps seule, avec lui, avec elle, avec eux. Je n’ai plus peur. Je ne suis plus paniquée lorsqu’ils sont malades, même si, évidemment, je suis en alerte.

Jolie douceur s’endort seule depuis le plus jeune âge, mange avec appétit tout ce qu’on lui propose (en faisait une drôle de moue si c’est froid), elle adore le bain et elle joue seule pourvue qu’on soit près d’elle. Elle pleure peu. Avec elle je n’ai jamais hésité à aller au restau lorsqu’elle était toute petite, que ce soit le midi ou le soir. Je la savais tranquille. Ou peut être que c’était moi qui était tranquille

Jolie douceur est une petite fille très facile à vivre, toujours souriante.

Petit bonheur est un petit garçon merveilleux, plein de vie, très affectueux et challengeant.

Je ne les compare pas. Ils sont tellement différents, tellement uniques, tellement eux. Je me demande d’ailleurs comment on peut être pareil avec ses enfants alors que chaque être vient au monde avec ses spécificités.

Avec Jolie douceur je me suis découverte maman autrement, différemment. Je n’ai jamais douté de sa capacité à s’endormir (j’étais trop occupée!). Avec elle, l’allaitement coulait de source, je n’ai jamais douté de moi et de ma capacité à bien m’occuper d’elle. Tout ce qu’on a vécu avant elle sert de base 😉

Je sais que l’hésitation et les maladresse de la découverte ne sont pas si importants, seul l’amour qu’on porte à son enfant compte vraiment. Je le sais par expérience, grâce à Petit bonheur.

Avec lui j’ai découvert le maternage. Grâce à elle j’ai découvert la joie et le plaisir de la simplicité dans ces gestes que je connaissais déjà, ou que je croyais connaître.

Jolie douceur qui a fait de moi une maman différente, une maman qui évolue. Plus sûre d’elle et plus sereine, avec elle comme avec lui. Je vis avec elle ce que j’enviais aux autres dans la simplicité, depuis sa naissance à ce jour.

J’ai laché du lest, je n’avais plus d’attentes et elle est venue m’offrir toutes ces jolies expériences dont j’avais rêvé.

J’écrabouille mes peurs, j’ai répété tellement de fois certains gestes qu’à la fin il ne deviennent plus effrayants.

Les mouchettes et le change ont longtemps été des épreuve de force avec Petit bonheur, mais j’ai appris à l’apprivoiser. Il y a eu pléthores de crises pour mille autres choses, mais je connais bien sa sensibilité et je sais l’apaiser comme une mère sait le faire. Et quand je ne sais pas, que je ne le comprends pas, j’accepte de ne pas savoir et je lui dis.

Il a fait de nous des parents. Des parents fou d’amour et dotés d’une patience au delà de tout ce qu’on pouvait imaginer. Des parents qui se marrent, aussi. Beaucoup.

Elle fait de nous une famille unie, équilibrée.

Et moi je suis devenue maman autrement, plus détendue, pour mes deux enfants.

ETRE PARENTS

Question d’éducation

J’ai reçu une éducation libre et douce, qui manquait peut être un peu de cadre, allez savoir.

Une éducation peu conventionnelle, mais joyeuse.

Chez nous ainsi que chez ma grand mère, chez qui je passais beaucoup de temps,  il y avait beaucoup de liberté, très peu d’interdit. J’avais une liberté de parole, et j’étais encouragée à exprimer mon avis et mes émotions.

Je n’étais pas tentée de dépasser les limites, parce que des limites j’en avais peu, en fin de compte. J’ai appris tôt à me gérer. La ligne de conduite était le respect, notre contrat tacite.

Ma mère et ma grand-mère savaient, sans qu’on leur ait jamais expliqué, ce qu’est l’éducation bienveillante, non violente (sans gifle ni fessée) et participative.

Aujourd’hui on peut lire, trouver des ressources là dessus. Elles, elles savaient avec leur cœur.

Trouver l’équilibre entre le cadre rassurant, la fermeté bienveillante et la liberté qui laisse à l’autre l’espace d’être soi, that is the challenge…

059

ETRE PARENTS

Wonder daddy

Mister bonheur fait parti de cette espèce convoitée des Wonder daddy.

Il assure depuis toujours avec nos enfants (c’était d’ailleurs une des conditions pour qu’on se lance dans l’aventure de deux loustics si rapprochés). C’est un papa impliqué, mon entourage vante ses mérites et mes copines m’envient.

Il m’a accompagné à tous les RDV médicaux pour les suivis de grossesse (il est même resté 2h avec moi pour le test de glucose pour notre 1er enfant et mérite une médaille pour cela), il était présent à la préparation à l’accouchement (valait mieux pour l’haptonomie ;-).

A la naissance de Petit bonheur, il passait ses journées nous en neonat, le changeait, m’aidait à l’installer pour l’allaitement, il s’est aussi chargé de l’habiller pour la première fois.

Il a passé la première nuit avec nous, à la naissance de Jolie douceur à la maternité et c’est lui qui lui a donné son tout premier bain.

Il emmène les enfants à la crèche ou chez le pédiatre, est de corvée accompagne Petit bonheur pour les séances de kiné respiratoire.

Si il est là, il change les couches atomiques, celles qui arrivent toujours en plein ptit dej.

Quand il est là (deux ou trois heures l’après midi et le week end donc), il lit des histoires, joue, donne un bib, habille, mouche, coupe les ongles, donne le bain, à ma demande.

Depuis quelques temps il gère même les deux simultanément pendant une heure ou deux, sans péter les plombs et sans que je lui laisse trois pages de consignes. Ce sont ses enfants, autant que les miens, il les côtoient, s’en occupe, il les connait.

Bref  en deux mots il assure.

Et le monde entier se prosterne.

Moi, je suis une maman donc ça n’a rien de fantastique que je gère seule 80% du temps (Mister bonheur assure quand il est là, mais il travaille ardemment 12h par jour), que je gère de bout en bout l’organisation de la baraque comme si je gérais une entreprise (polyvalence, priorités, anticipation, urgences, diplomatie, stratégie, budget, gestion des stocks et des ressources, ça te parle ou bien?).

Je suis leur mère donc c’est nor-mal.

C’est leur père donc il assure.

Voilà.

N’empêche heureusement qu’il est là 🙂

591

ETRE PARENTS

Les choix d’éducation: je passe pour la chiante mais j’assume!

Avant j’étais une nana cool, souriante et détendue, avec une joie communicative et rayonnante.

Maintenant que j’ai des enfants, j’ai souvent la désagréable impression de passer pour la chiante!

Parce que ça me stresse qu’on tripote mon bébé sans se laver les mains.

Parce que je ne peux pas laisser mon bébé pleurer, ça me prend aux tripes.

Parce que je ne veux pas que mes enfants mangent n’importe quoi, ou tout simplement qu’ils mangent des aliments sans que je valide. Non pas de coca pour Petit bonheur (20 mois). Non Jolie douceur (5 mois) ne goûte pas le gâteau crémeux aux framboises.

Parce que je n’aime pas les traditions à la noix. Non je trouve pas ça fun de faire goûter un doigt trempé dans du champagne à Petit bonheur (13 mois à l’époque). « Mais nous on nous l’a fait et on en est pas mort! » Ah ben alors…

Parce que je ne pense pas qu’une tape sur la main, soit la solution qui (lui) convienne. Et je n’approuve pas le discours « tu vas t’en prendre une, au moins tu sauras pourquoi tu pleures ».

Parce que j’aime pas qu’on lui dise qu’il est vilain ou méchant ou qu’elle fait un caprice. Pour moi ce n’est pas l’enfant qui est vilain ou méchant c’est une attitude qui n’est pas adaptée à ce qu’on attend de lui. Pour moi les bébés ne font pas de caprices ils expriment leurs émotions (ils n’ont pas encore appris à les refouler, les censurer).

Parce que je n’aime pas les conseils non sollicités et les tu-devrais

Parce que je trouve que c’est important de respecter, autant que se faire se peut, les rythmes de l’enfant. L’heure des repas, la sieste, le bain, le coucher. Bien sur il y a les vacances, les exceptions du week end, mais malgré tout je pense que c’est important et sécurisant de garder un cadre et une structure pour les tout-petits. On n’arrête pas de vivre, on s’adapte.

Parce que je ne laisse pas jouer Petit bonheur (le roi des explorations et des petites bêtises)  sans que quelqu’un de fiable garde un œil sur lui. Et ça implique qu’on ne profite pas autant qu’on aimerait des fêtes et compagnie.

Parce que Petit bonheur ne regarde pas (encore) la télé. Il a un an et demi bien sonné. C’est vrai que ça serait + simple de le coller devant un dessin-animé. Ca viendra. Mais y a encore un peu le temps, non?

Parce que je ne suis pas fan d’Hellokitty, Cars & consort. Ils y viendront surement. Ils nous réclameront du spidertruc, un jour où l’autre. Mais là encore, ne précipitons pas les choses…

Parce que j’estime que je n’ai pas à me justifier. Nous sommes les parents. On connaît nos enfants. On fait les choix qui nous semblent appropriés (en fonction d’eux, du moment, de plein de trucs en fait). On est pas des modèles de perfection. On est humain. Parfois on s’énerve, on crie. Parfois on agit en fonction de ce qui nous arrange, nous.

Je ne juge pas. Je m’inspire. Je pioche les idées ici et là qui me nourrissent et nous font grandir. Chacun ses choix. On fait les nôtres. On ne demande pas aux gens de faire comme nous. Alors qu’ils ne nous demandent pas de faire comme eux!