MES GONES

J- 5 avant le toisième anniversaire

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Samedi mon grand, tu souffleras (probablement plusieurs fois) tes trois bougies tant attendues.

Voilà deux mois que tu demandes chaque jour si c’est aujourd’hui ton anniversaire. Ca y est on compte les dodos…

Le jour J des ballons multicolores seront accrochés et on fera, probablement ensemble, un bon gâteau au chocolat (peut être celui là).

On te demandera si tu en veux une petite part et tu répondras « un gros gros pour moi ». Tu ne fais rien à moitié.

Il y aura des petites surprises, oh rien de fou, de jolies assiettes avec des animaux rigolos et des gobelets assortis, des bonbons (tes premiers!!) et des chapeaux pointus. La fête quoi!

On regardera des photos, de quand tu étais « petit comme ça », je te raconterai ton histoire encore une fois et ce merveilleux matin de novembre qui a changé nos vies et chamboulé nos cœurs de parents.

Tu me demanderas souvent et pourquoi? En ce moment tu n’as que ce mot à la bouche.

Tu t’émerveilleras de tes cadeaux et tu refuseras que ta sœur s’en approche en disant c’est MES jouets, d’accord? C’est pas à toi.

Tu viendras de blottir contre moi, et je snifferai encore cette odeur que j’adore dans tes cheveux quand tu as chaud. Tu attraperas ma main avec la petite tienne et je me dirais profite, profite, bientôt il s’envolera.

Avant de te coucher, on lira une histoire, tu me diras c’est toi qui racontes maman et tu me tendras un deuxième livre en disant çui la maintenant. Avant d’éteindre je te dirais que je t’aime, pour toute la vie, je te demanderai si tu veux un bisou, tu répondras deux bisous et deux câlins, parce que tu en veux plus, toujours plus.

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Participation à Un lundi parmi tant d’autres, un RDV proposé par Zaza et Alice

ETRE PARENTS

Le courage d’un troisième

Avec un garçon, une fille on a souvent entendu « vous êtes au complet ».

Je n’en sais rien en fait.

Des fois j’y pense.

Un petit dernier.

Dans quelques temps.

Quand les « grands » seront à l’école.

Un dernier enfant pour faire de nous une happy family, unie comme les cinq doigts de la main.

Avant, trois enfants me semblaient impensable mais je connais maintenant pas mal de familles nombreuses hyper joyeuses (sans parler de mes blogs préférés où les familles sont souvent composées de 3 enfants ou +) , ça donne envie. Influençable moi? Disons que l’idée d’une possibilité fait son chemin.

Un dernier pour revivre les premiers coups de pieds, le ventre qui s’arrondi, le choix d’un prénom, la préparation du trousseau de maternité (je parle des minis bodys et pyj là, pas des slips filets hein…) et peut être même la surprise de découvrir le sexe à la naissance.

Un petit dernier comme la cerise on the cake, comme un dernier round bonus de maternité avec la sérénité de l’expérience.

Mais…

Il faut déjà s’occuper de ceux qu’on a et là tout de suite ça nous comble.

Quand on a un premier (ou un 2e) un peu sport, ça ralenti les ardeurs…

Je ne sais pas si notre couple y résisterait. On a déjà tant de mal à se dégager suffisamment de moments libres, à mon goût. On est certainement déjà au dessus de la moyenne, mais avec le rythme de vie qu’on a, bref…

Faire garder deux enfants c’est jouable (bien que pas si simple), mais trois?

Je ne sais pas si j’ai envie de revivre les potentielles angoisses de la grossesse, les sautes d’humeurs, les émotions incontrôlables, ma mobilité réduite (la grossesse n’est pas un handicap mais moi je me sens pas à mon plein potentiel de mouvements enceinte), les contractions trop tôt, les maux de têtes, l’accouchement et les suites éprouvantes, la fatigue écrasante, les nuits trop trop courtes… La mémoire sélective fera (ou pas) son chemin.

Et puis ce qui me semble faisable avec deux enfants voyager, aller chez des copains, au restau (soyons fous!) me semble un poil compliqué avec trois enfants.

J’ai tellement entendu que passer de deux à trois c’est quelque chose! Pour moi c’est plutôt le avant-après le premier, alors si c’est pire, je le sens moyen.

Je profite de ma petite mais pas avec la nostalgie du dernier comme le décrive si bien d’autres mamans.

Peut être que dans quelques temps l’envie d’agrandir la famille reviendra, le désir d’être parents à nouveau se fera évidence, balayant les doutes.

Pour l’instant j’y crois pas trop. Mais on se laisse le temps.

Et toi, y a combien d’enfants dans ta famille idéale?

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ETRE PARENTS

L’amour face à la résistance

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Petit bonheur fait de la résistance quand il est contrarié ou que quelque chose ne lui va pas.

Depuis tout petit.

De la résistance par les hurlements où on ne s’entend plus.

De la résistance en se cabrant pour ne pas être changé.

De la résistance en se cabrant bis, pour ne pas être mouché.

De la résistance pour ne pas aller au bain s’il n’est pas décidé.

De la résistance pour ne pas sortir du bain.

De la résistance par les maladies infantiles à répétitions lorsque j’étais enceinte de Jolie douceur.

De la résistance par le sommeil perturbé à la naissance de sa sœur ou à ma reprise du boulot.

Bref de la résistance sous toutes les formes. Ambiance je fais ce que je veux, point.

Bébé il demandait une immense disponibilité, son réservoir d’amour semblait se remplir au compte-goutte et se vider en un clin d’œil.

Terriblement frustrant et usant! C’est dur de ne pas voir de résultat, quand on donne beaucoup, au delà de soi, jusqu’à se sentir impuissant.

On a eu envie de baisser les bras, mais on est parent, on ne peut pas.

Je me souviens d’avoir passé le relais à Mister bonheur pour sortir prendre l’air un quart d’heure, marcher un peu, respirer, plus d’une fois les premiers mois (oui même par -10°!) .

Petit bonheur a un caractère bien affirmé. Il sait ce qu’il veut, ne veut pas. Quand il a une idée en tête, dur de le faire changer d’avis. J’aime me dire que c’est une force, que ça lui servira plus tard. Mais là maintenant, hum hum, comment gère-t-on?

C’est un enfant et le monde ne fonctionne pas toujours comme il l’a décidé.

Il y a des règles non négociables genre l’heure du coucher ou donner la main pour traverser.

On l’écoute (trop?). On le protège (trop?), parce qu’on sait que derrière cette résistance se cache une grande sensibilité et une difficulté à gérer ses émotions.

Je me positionne autant que possible dans une démarche de coopération avec lui, c’est + simple pour tout le monde (les rapports de force ne sont pas une option de facilité avec lui car il est très « tonique »).

On explique. Encore. Encore. Encore.

On reste ferme sur certains points, c’est aussi en fixant des limites, toujours les mêmes, qu’on sécurise. Aimer ce n’est pas tout permettre.

Maintenant, qu’il parle, qu’il répète certains gestes et attitudes, qu’il est + autonome et + apaisé, je me dis que cela n’est pas vain, que toute la patience et l’amour transmis sert de socle invisible.

J’en ai la preuve.

ETRE PARENTS

Lâcher prise

Les enfants sont un formidable terrain d’exploration de soi, vous ne trouvez-pas?

On croit tout savoir, on lutte un peu, beaucoup, pour faire comme on avait prévu, comme on avait pensé.

Et puis le lâché prise. S’écouter. Les écouter.

C’est l’heure du repas. Il ne veut pas ceci ou pas cela. Comme tu veux mon chat. Ah finalement tu en veux? Vas-y alors, vas-y, fais toi plaisir.

J’avais prévu de faire les papiers du resto au calme, pendant leur sieste. Il est déjà réveillé. Bon. Je suis occupée mais tu peux dessiner près de moi, si tu veux. S’il ne veut pas je le ferai plus tard, rien n’est urgent… Mais puisque je lâche prise, il coopère.

C’est l’heure du coucher, l’heure du temps pour moi et elle pleure? Tant pis. Je la prends contre moi. Je lui chante un refrain. Elle sourit. Je profite de l’instant puisqu’il est là. Puisqu’elle ne sera pas toujours petite. Puisque ses dents finiront bien par être toutes là. Puisque cet instant unique ne se reproduira pas. Je prend le présent comme il vient.

Ce matin, après une nuit hachée menue, je vais remettre à plus tard ce que j’avais prévu. On va ralentir la cadence, sortir et peut être même se mater un petit Babar tiens.

Plus je me frustre et plus je me braque moins les choses se passent comme j’aimerai.

Le spectacle s’arrête quand il n’y a plus de spectateur dans la salle.

Autant prendre la vie comme elle vient plutôt que nager à contre courant.

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ASSISTANTE MATERNELLE, ETRE PARENTS

Ces moments là

Avec eux, j’observe le précieux dans l’ordinaire. Ces morceaux de quotidien que l’on partage et qui me gonflent le cœur comme un ballon. Qui me fatiguent aussi, je l’avoue.

En groupe comme individuellement, les enfants me ramènent à la joie de l’instant, à l’émerveillement du minuscule, comme seuls les petits savent si bien se laisser porter, avec leur spontanéité naturelle.

La vie s’écoule vite les enfants, et il y a beaucoup à faire, les petites tâches prennent + de temps quand on est interrompu, mais on a toujours le temps pour la tendresse et aucune demande de câlin ne reste sans réponse. C’est le principal, non?

On m’a déjà interrogé « et sinon tu fais quoi? » Mais qui a deux enfants rapprochés et le backstage d’une petite entreprise a gérer SAIT ce que je fais. J’éduque, j’accompagne leurs premiers pas et leurs découvertes de la vie, avec autant de bienveillance qu’il m’est possible de transmettre.

Et bientôt un troisième enfant, pour le boulot, viendra partager notre quotidien. J’ai hâte! C’est sur que je ne m’ennuie pas!

J’ai l’impression que ce que je fais a + de sens que lorsque j’organisais des conf call avec les USA ou le Japon à tout va. Et les responsabilités sont plus précieuses que ces dossiers à whatmille dollars. Valeur réelle, vs valeur virtuelle.

Avec mes enfants comme ceux qui me sont confiés, je suis dans le concret. Les pieds sur terre à terre, les yeux dans les étoiles.

Les biberons pris lovés contre moi, leur pleurs apaisés, leurs chagrins écoutés, consolés, les petites mains qui attrapent et qui se donnent, les bouilles pleines d’épinards, leur progrès et leur soif d’apprendre. Ca m’émeut.

Je m’impregne des mille visages de la tendresse, de la joie que les enfants  mettent dans mon existence, qu’ils colorent, par leur simple présence.

Je savoure ces moments où pour certains « je fais rien ». Rien d’autre que vivre.

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ETRE PARENTS

Maman autrement

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Il y a quelques mois j’écrivais qu’un deuxième enfant c’était plus facile qu’un premier.

Enfin pour moi.

Bien sur ça dépend de l’enfant et de mille choses (dont le sommeil, parce que si ça cloche tout le reste cloche aussi).

Après l’expérience de la prématurité qu’on a connu avec Petit bonheur combinée à la découverte de la parentalité, de la fatigue extrême, ce qui vient ensuite ne peut sembler que plus facile.

Avec Petit bonheur tout était compliqué. Tout me semblait compliqué, pour moi, novice. La prématurité, le démarrage de l’allaitement, les liens à tisser, à réparer. Les nuits blanches. Les hurlements. Les coliques. La frustration, l’opposition. Les maladies infantiles à répétition. Autant de difficultés auxquelles je n’étais pas du tout préparée et dont j’ai souvent parlé ici.

Petit bonheur a fait voler tous nos repères en éclats, bousculé une à une nos certitudes. Je me demande au fond si c’est vraiment nous qui l’aidons à grandir ou bien l’inverse, tant il nous apprend chaque jour!

Lorsqu’il était bébé on se mettait des freins nous-mêmes, sans doute, parce qu’il pleurait beaucoup, parce qu’on le savait + fragile qu’un autre les premiers mois.

Il y a des choses que je n’osais pas faire seule avec lui, parce qu’un bébé qui hurle, pour bien des gens, ça veut dire une mère qui ne sait pas calmer son bébé, qui ne fait pas se qu’il faut, qui n’assure pas. J’avais peur de l’image que j’aurais pu renvoyer. Et puis je n’avais pas envie de d’incommoder…

On m’a dit un jour, c’est plus facile avec Jolie douceur, parce que vous êtes différent aussi.

C’est vrai. Mille fois vrai.

Ca peut paraitre dingue d’agrandir la famille alors qu’on a tant à faire avec le premier, que tout n’est pas comme on l’avait fantasmé, mais chez nous, l’arrivée de Jolie douceur nous a aidé à trouver la sérénité et m’a permis de me dépasser, encore. Comme quoi…

Depuis qu’on est quatre je n’ai plus peur de sortir seule avec deux enfants (en manduca et poussette canne au départ, en double maintenant, et bientôt en poussette canne et tablette, youhou), d’être longtemps temps seule, avec lui, avec elle, avec eux. Je n’ai plus peur. Je ne suis plus paniquée lorsqu’ils sont malades, même si, évidemment, je suis en alerte.

Jolie douceur s’endort seule depuis le plus jeune âge, mange avec appétit tout ce qu’on lui propose (en faisait une drôle de moue si c’est froid), elle adore le bain et elle joue seule pourvue qu’on soit près d’elle. Elle pleure peu. Avec elle je n’ai jamais hésité à aller au restau lorsqu’elle était toute petite, que ce soit le midi ou le soir. Je la savais tranquille. Ou peut être que c’était moi qui était tranquille

Jolie douceur est une petite fille très facile à vivre, toujours souriante.

Petit bonheur est un petit garçon merveilleux, plein de vie, très affectueux et challengeant.

Je ne les compare pas. Ils sont tellement différents, tellement uniques, tellement eux. Je me demande d’ailleurs comment on peut être pareil avec ses enfants alors que chaque être vient au monde avec ses spécificités.

Avec Jolie douceur je me suis découverte maman autrement, différemment. Je n’ai jamais douté de sa capacité à s’endormir (j’étais trop occupée!). Avec elle, l’allaitement coulait de source, je n’ai jamais douté de moi et de ma capacité à bien m’occuper d’elle. Tout ce qu’on a vécu avant elle sert de base 😉

Je sais que l’hésitation et les maladresse de la découverte ne sont pas si importants, seul l’amour qu’on porte à son enfant compte vraiment. Je le sais par expérience, grâce à Petit bonheur.

Avec lui j’ai découvert le maternage. Grâce à elle j’ai découvert la joie et le plaisir de la simplicité dans ces gestes que je connaissais déjà, ou que je croyais connaître.

Jolie douceur qui a fait de moi une maman différente, une maman qui évolue. Plus sûre d’elle et plus sereine, avec elle comme avec lui. Je vis avec elle ce que j’enviais aux autres dans la simplicité, depuis sa naissance à ce jour.

J’ai laché du lest, je n’avais plus d’attentes et elle est venue m’offrir toutes ces jolies expériences dont j’avais rêvé.

J’écrabouille mes peurs, j’ai répété tellement de fois certains gestes qu’à la fin il ne deviennent plus effrayants.

Les mouchettes et le change ont longtemps été des épreuve de force avec Petit bonheur, mais j’ai appris à l’apprivoiser. Il y a eu pléthores de crises pour mille autres choses, mais je connais bien sa sensibilité et je sais l’apaiser comme une mère sait le faire. Et quand je ne sais pas, que je ne le comprends pas, j’accepte de ne pas savoir et je lui dis.

Il a fait de nous des parents. Des parents fou d’amour et dotés d’une patience au delà de tout ce qu’on pouvait imaginer. Des parents qui se marrent, aussi. Beaucoup.

Elle fait de nous une famille unie, équilibrée.

Et moi je suis devenue maman autrement, plus détendue, pour mes deux enfants.

MES GONES

Bed time

Il est 19h30 environ. Leur repas touche à sa fin.

Ils sont fatigués (et moi aussi…)

Je couche Jolie douceur, en premier, avant de venir chercher Petit bonheur.

Je n’ai pas refermé la gigoteuse et déjà elle se tourne sur le côté, prend son pouce, attrape son doudou. Encore une caresse, sur son visage tout rond, elle sourit, ronronne presque, avec son pouce dans la bouche, l’index accroché au bout du nez. Encore un bisou, encore un shoot de son odeur de bébé. Encore un je t’aime fort mon trésor joli.

Je le porte pour l’emmener dans sa chambre, il tient bien fort son doudou, fidèle compagnon. En chemin je le sers dans mes bras. Je lui dis je t’aime fort, mon adoré. Il se blottit contre moi et me dit maman, juste pour le plaisir mélodieux de le prononcer une dernière fois, comme un mot d’amour à sa façon. Je l’allonge, dans sa gigoteuse dépliée, prête à l’accueillir. Il regarde sa sœur, rit aux éclats, me réclame sa musique, alors je tire sur la ficelle. Il réclame la musique de sa sœur, alors je tire aussi la petite ficelle sur la chouette du petit lit à côté. Ca fait une drôle de symphonie.

Je baisse le volet.

Faîtes de beau rêves.

A demain mes amours.

 

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