MES GONES

Trois ans

Samedi, mon Petit bonheur tu as soufflé tes trois bougies tant attendues!

Trois ans.

Forcément j’ai repensé à ce matin particulier, où la joie et l’émotion sont entrées par la grande porte dans nos vies, nous faisant aimer pour toujours le mois de novembre.

Un mardi matin, et toi si petit, arrivé trop tôt, trop vite, que je n’ai vu quelques secondes seulement avant notre transfert en neonat.

Il aura fallu plusieurs jours pour oser entrer en contact spontanément, pour oser te toucher ou te prendre sans être effrayée par tous ces fils et tous ces bips, plusieurs semaines pour tisser ce lien si fort qui nous lie et plusieurs mois pour apprendre à se connaître et à grandir ensemble.

Trois ans. La toute petite enfance derrière toi maintenant.

La sucette encore souvent vissée, le doudou trimballé.

Tes petites manies qui me font sourire.

Ta détermination, quoi qu’il arrive.

L’école, la cantine, les copains.

Les mercredis aprèm, avec papa.

La baleine, le vers de terre et le ouistiti qu’on écoute dans la voiture quand tu t’impatientes et que tu connais par cœur.

Ta petite main qui se glisse dans la mienne sans demander.

Le vélo bleu à roulettes et le casque rouge tant désiré, les premiers playmobil et tout un monde, le tien, à créer.

20141111_163237

Publicités
ALLAITEMENT

La tétée la plus douce

Tout le monde dort profondément.

Je me réveille, je ne sais comment. Chaque nuit, malgré la fatigue, le même scénario se répète. Il existe cette connection unique entre elle et moi. Un truc fabuleux qui ne s’explique pas. Un truc qui fait, qu’au beau milieu de la nuit, vers 3h, je sors de mon profond sommeil.

Je l’entends.

Elle gigote un peu dans sa nacelle. Elle émet quelques miaulements, à peine perceptibles, dans le silence de la nuit.

Elle a faim, elle veut son lait.

Je la prends dans mes bras, elle n’a pas encore pleuré. A quoi bon attendre, puisque je sais qu’elle a faim et qu’elle me réclame?

Sans allumer, je vais jusqu’au salon et je m’assois dans le fauteuil moelleux, parce que c’est là que je suis le mieux installée.

Je la pose délicatement sur le coussin d’allaitement. Elle tête, avec appétit, encore à demie endormie. Parfois elle ouvre grand les yeux, ses yeux immenses et tout ronds, qui me font toujours sourire. Nos regards se rencontrent. Même dans la pénombre, on se voit tout à fait distinctement. On se regarde.

J’ai une bouteille d’eau à côté, à portée de main. Chaque soir, avant d’aller me coucher je vérifie qu’il y ait suffisamment d’eau. Ma petite organisation est rodée. J’ai toujours soif, dès qu’elle se met à téter. Je bois quelques gorgées.

Elle pose sa main en étoile sur mon sein. Je fonds dès qu’elle fait ça. Sa toute petite main jolie.

Je lui carresse le visage. Elle sourit, tout en continuant de téter. Je souris aussi, ensommeillée, dans la pénombre.

Quand elle a finit, qu’elle est rassasiée, je la garde un peu contre moi. Je sais qu’elle ne fera peut être pas son rot, elle est toute endormie.

J’ai envie de prolonger ce moment ouaté. J’aime tant sentir son corps minuscule et tout chaud, ses effluves de lait, de bébé et de sommeil. Le meilleur parfum du monde!

Elle est là, complètement abandonnée, contre moi. Je profite quelques instants encore, du plus doux des moments, avec mon bébé, consciente que le bonheur se niche là, contre moi.

Ensuite, je la pose délicatement dans sa nacelle. Je lui murmure « à toute à l’heure ma jolie ». Elle se rendort seule, si ce n’est pas déjà fait, et je retourne me coucher dans le silence de la nuit.738