REAL LIFE

2013 le bilan

 

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2013 a été une année particulièrement intense et riche en émotions.

J’ai versé beaucoup de larmes (de fatigue ou de peine), j’ai aussi beaucoup ri et j’ai vécu des moments simples, plein de tendresse et de complicité, avec les miens.

On a tâtonné, beaucoup. J’ai souvent cherché l’équilibre entre la mère, la femme, la compagne et jonglé pour trouver la gestion du temps pour répondre aux envies et besoins de chacun, y compris les miens.

Début 2013, j’ai eu peur. Enceinte, j’ai fait une menace d’accouchement prématuré (MAP) à j’ai été hospitalisée presque trois semaines, puis en repos strict à la maison. J’ai connu l’angoisse de revivre l’expérience de la prématurité et tout ce que ça implique. C’était une expérience éprouvante pour nous tous, et très frustrante puisque je n’ai pas pu m’occuper de Petit bonheur pendant plusieurs semaines, mais Mister bonheur a carrément assuré!

A mesure que les semaines me rapprochaient de la date du terme, je me suis détendue, j’ai savouré les derniers moments de grossesse et de repos. J’ai bouquiné autant que je pouvais, avant notre rencontre magique avec Jolie douceur.

En mars, retour à la réalité, au quotidien bien speed, à la joie de vivre à 1000 à l’heure et de ne plus être assistée dans mes faits et gestes! Avec un nourrisson et un Petit bonheur devenu grand frère à même pas 16 mois, il nous a fallu un peu de temps pour prendre nos marques, petit à petit, dans notre nouvelle vie à quatre

En avril et en mai on a eu sommeil, on a eu la tête sous l’eau, j’ai profité du bonheur d’un allaitement juste parfait, avec Jolie douceur. On a passé le cap des trois premiers mois, on a pris du temps en amoureux, un peu, il le fallait, car inévitablement, le navire a tangué.

Petit bonheur s’est pété le bras, juste avant les vacances, Heureusement ça ne nous a pas empêché de passer un très bel été en Bretagne. On s’est retrouvé, on a dormi (merci maman!) on s’est baladé, oxygéné, régénéré.

A la rentrée, j’ai repris les rennes de l’organisation. Ouf, il était temps! J’ai aussi retrouvé mon vendredi child free.

En octobre, Mister bonheur a organisé une mini escapade de princesse, en Bourgogne, pour mon anniversaire. Un moment parfait avec un très bon restau, du très bon vin et une chambre d’hôte juste géniale.

En novembre j’ai eu beaucoup de joie et beaucoup de peine. Petit bonheur a eu deux ans. On a fait une belle fête pour le célébrer. Des semaines après il nous parlait encore des ballons accrochés et des bougies qu’il a soufflé, magique!

Puis, ma grand mère adorée nous a quitté, laissant un immense vide dans nos vie. Elle avait terminé sa mission, bien rempli nos cœur de son âme généreuse, laissant la famille gonflée d’amour et très soudée.

En décembre on a tout fait pour se mettre dans l’ambiance de la magie de Noël, avec notre premier calendrier de l’avent home made, les préparatifs de Noël. J’ai même fait un chouette swap.

On a passé du temps ensemble, tous les quatre, recentrés sur notre essentiel, notre cocon. On a vu du monde, on a apprécié le temps passé en petit comité, avec chacun.

Etre en vacances, même chez soi, c’est quand même bien agréable!  Des moments simples, comme j’aime, avec des rires, des câlins, des histoires.

J’ai moins aimé la laryngite-double otite de Petit bonheur, suivie de près par trois points à l’arcade, à quelques jours de finir l’année.

Pour finir l’année en beauté, on a préparé un petit voyage à deux, pour commencer 2014 plus amoureux et reposés que jamais!

ALLAITEMENT

5 mois d’allaitement

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La semaine dernière j’ai demandé à Mister Bonheur de nous prendre en photo avec Jolie douceur, pendant que je l’allaitais. Je savais que ce serait une des dernières fois.

On a attaqué les bib et si au début elle n’était pas réceptive, maintenant c’est bel et bien parti!

Elle a refusé totalement les biberons deux fois, crise de larmes et de panique à la clé. On a laissé passer quelques jours avant d’essayer à nouveau, en douceur.

Et puis, ce jour là, le timing était parfait.

Petit bonheur était à la crèche, on était tranquille, au calme. On avait le temps. Elle avait faim mais pas trop (elle s’énerve quand elle est affamée!). On a ressorti le biberon ultra physio Tommee Tippee. Mister bonheur s’est installé dans le fauteuil moelleux, pendant que je suis allée m’allonger dans notre chambre. Elle a détourné la tête. Il a proposé à nouveau, avec bienveillance, en lui expliquant que c’était son lait. Et elle a tout bu, tranquillement. Il lui fallait simplement un temps d’adaptation pour comprendre le truc!

Je pensais à un sevrage très progressif pour avancer à notre rythme, sans la brusquer, sans me forcer. Le sevrage complet s’est effectué en trois semaines. C’est plus rapide que ce que j’avais en tête mais c’est bien comme ça.

Elle a accéléré la cadence. Je préfère, au fond, que ça vienne d’elle. Et c’est ok pour moi. Je suis heureuse de retrouver ma liberté, mon indépendance après quasi un an de bon et loyaux services (6 mois d’allaitement mixte pour Petit bonheur et  5 mois d’allaitement exclusif pour Jolie douceur).

Tout s’est fait naturellement, de la mise en place de l’allaitement au sevrage. Les premières tétées étaient longues et fréquentes mais assez rapidement elles se sont régulées. J’ai fonctionné à l’instinct, en fonction de mes possibilités du moment.

De cet allaitement je ne garde que de beaux souvenirs. La première tétée dès la naissance. La simplicité. Le côté pratique et toujours prêt. Pas de logistique à penser pour elle pour les balades (on a déjà assez de trucs en tête, hein). Je ne me suis pas sentie oppressée ou envahie comme ça avait pu être le cas pour mon premier allaitement (les exigences n’étaient pas les mêmes non plus, ça joue). J’ai adoré me sentir à l’aise et libre. J’ai aimé cette parenthèse entre ma fille, mes seins, son lait et moi.

Et puis j’ai adoré connaître cette douceur à nulle autre pareille et je garde comme de précieux trésors les tendres souvenirs des tétées dans le silence enveloppant de la nuit.

MES GONES

Besoin de proximité

Jolie douceur aura bientôt 5 mois.

Les premiers mois ont été fusionnels.

Certains jours elle ne voulait que moi.

Trois minutes de transat, ok, mais pas plus.

Dix minutes de nacelle, le temps de croire qu’elle va faire une bonne sieste, mais pas plus.

Des fois c’était pénible, j’avais envie de faire autre chose, de la poser un peu. De souffler. De finir ce que j’étais en train de faire. De préparer à manger sans interruption. De prendre une douche dans le silence.

Mais elle voulait être contre moi, téter des heures et des heures le soir (jusqu’à ce qu’elle accepte la sucette).

Elle a même dormi avec nous quelques fois, les deux premiers mois. Il fallait bien dormir un peu, même si le cododo moi j’aime pas ça!

Je savais ce que supposait l’arrivée d’un nourrisson, je l’avais vécu quelques mois plus tôt. Je n’avais pas oublié, tant l’intensité des premières semaines m’avait bouleversée.

Heureusement que j’avais mon Manduca! J’ai fait tellement de choses en la portant. Je la porte encore, mais c’est par plaisir, et non par nécessité.

J’ai fait de mon mieux pour profiter des moments câlins où elle ne s’endormait que sur nous le soir. Parce que ça passe, et vite, finalement. Pour ne pas laisser trop de place à la nostalgie de ces moments là, de ces moments bras, qui viendra un jour ou l’autre, je le sais.

Et aujourd’hui, la voilà si sereine et tranquille. Elle s’endort seule dans son lit, la journée avec sa sucette, le soir sans.

Le matin elle gazouille, sourit, patiente tranquillement qu’on vienne la chercher. Je crois qu’elle est rassurée, que son besoin de proximité a été rassasié les premières semaines. Je crois qu’elle a compris, si elle a besoin, nous serons là.

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BELLE ET ZEN

Entre mère et femme

En deux ans et des brouettes entre les grossesses et les allaitements j’ai pas trop investi, côté sapes. Parce que la grossesse dure 9 mois. Parce que l’allaitement ne dure qu’un temps…

Donc j’ai misé sur le petit budget, le nécessaire, avec deux trois petits plaisirs, quand même, hein.

Jolie douceur a maintenant 4 mois et demi. Je l’allaite encore, on introduit tout juste quelques biberons.

Mais j’ai envie de porter autre chose de mes soutiens gorges d’allaitement moches et je ne peux plus voir mes tops basic d’allaitement.

J’ai bien quelques robes avec un joli décolleté croisé, qui ne sont pas « spécial allaitement » qui se prêtent au jeu.

Je suis au stade où j’ai envie de reporter des fringues jolies, normales, des fringues de femme, pas des fringues de mère. D’autant + que les tétées sont maintenant bien espacées. Donc je peux me dessaper quand je suis chez moi pour allaiter!

J’en suis au point où j’ai besoin de me réapproprier mon image, de me réconcilier avec mon corps et mes rondeurs encore bien là. Pour accepter la période de transition. Ronde ok, mais jolie alors. Parce que si je me sens bien je souris et c’est ce qui me rend belle, finalement.

J’ai décidé de ne plus m’oublier, de me faire plaisir. J’ai commencé par m’offrir des sandales. Facile!

Et depuis, c’est parti!

J’ai fait les soldes. J’ai trouvé des robes, des tuniques. J’ai composé de jolies tenues, pour pas trop cher. J’ai fait claqué la couleur. J’ai aimé. J’ai fait chauffé la CB et le temps de quelques heures, j’ai même eu l’impression de retrouver la légèreté de ma vie d’avant 🙂

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NAISSANCE

Celles que je n’oublierai pas

Les sages femmes sont à l’honneur aujourd’hui dans les maternelles.

Des sages femmes, j’en ai rencontré quelques unes entre la préparation à la naissance avec l’haptonomie pour Petit bonheur, la naissance de mon fils, l’hospitalisation pour menace d’accouchement prématuré lorsque j’étais enceinte de Jolie douceur, le suivi à domicile, puis la naissance de ma fille et le séjour à la maternité.

Elles ont été là pour partager avec nous, des moments intenses dans notre vie.

Certaines m’ont profondément marquée. Rassurée. Soutenue. D’autres m’ont stressée. Paniquée.

Je n’oublierai pas l’accueil désastreux et la prise en charge dénuée d’humanité, lors de mon arrivée précipitée à l’hôpital, dans le premier hôpital venu, puisqu’il fallait faire vite, puisque j’avais perdu les eaux subitement à 34 semaines (7 mois et demi) et que je contractais toutes les 3 minutes.

Je me souviendrai de la puéricultrice et si douce et gentille, et la sage femme qui avaient pris la relève et qui étaient là pour la naissance de mon fils alors que j’avais tellement, tellement, peur de pousser et de tout donner, pour mettre mon fils au monde. Elles ont su m’encourager et trouver les mots pour me redonner la force quand je croyais ne plus en avoir. Je n’oublierai jamais leurs félicitations qui m’ont mis du baume au cœur, pour ce bel accouchement, comme elles disaient.

Je me souviendrai des infirmières et puéricultrices qui nous se sont occupées de Petit bonheur en néonatologie et qui nous tout expliqué patiemment, avec des mots simples, qui nous ont accompagné avec respect et humanité vers la découverte de la parentalité. Je n’oublierai pas que c’est grâce à leur soutient infaillible que j’ai pu l’allaiter mon enfant né prématurément. Je me souviendrai du réconfort, de la chaleur humaine qui apaise les peurs, des mots rassurants et déculpabilisants qui apaisent les pleurs. Je me souviendrais des rires aussi.

Je me souviendrai des sages-femmes si sympas de l’hôpital, pendant mon séjour pour la MAP, lors de ma seconde grossesse. La petite brune avec qui on parlait lecture ou la jolie blonde, étudiante, si douce et compétente, que je n’avais jamais l’impression de déranger et qui était venue me dire au revoir avant mon retour à la maison, alors qu’elle ne s’occupait pas de moi ce jour là.

Je me souviendrai de l’adorable sage femme, qui est venue me voir à la maison, deux fois par semaine, pour me suivre de près, après l’hospitalisation. Je me souviendrai de son étonnement à la lecture de mon dossier et de sa surprise encore plus grande, de me voir « encore là » à chacune de nos rencontres semaines après semaines.

Je n’oublierai pas la sage femme qui m’a accueillie avec beaucoup de gentillesse à notre arrivée en salle de naissance et qui m’accompagnée et écoutée pendant tout le travail avant l’arrivée de Jolie douceur. J’aurais aimé qu’elle me dise son prénom et j’aurais préféré qu’elle ne fasse pas de second degré ce jour là, puisque j’avais laissé mon sens de l’humour à la maison.

Je n’oublierai pas la sage femme qui était présente à la naissance de ma fille et qui nous a ensuite laissé du temps, tout les 3 pour faire connaissance, dans l’intimité. Elle a laissé Mister bonheur habiller Jolie douceur lui-même, comme je lui avais demandé, et m’a trouvé la couverture que je réclamais depuis des heures.

C’est ce genre de petites choses qui rendent un moment inoubliable vraiment merveilleux.

main mai 2013

MES GONES

3 mois, ma jolie douceur

3 mois et je ne me souviens plus vraiment d’hier

3 mois et des sourires magnifiques, auxquels personne ne resiste, surtout pas ton père

3 mois et une envie de communiquer avec le monde qui t’entoure

3 mois et de longues nuits paisibles

3 mois et de moins en moins de pleurs

3 mois et un rythme qui s’est installé naturellement et tout en douceur

3 mois que ton frère te réclame tout le temps

3 mois qu’il tapporte ton doudou ou te prête le sien, quand tu pleures

3 mois que je m’épanouis en t’allaitant et en te portant, contre mon coeur

3 mois et tes petites mains qui attrapent les grandes miennes

3 mois et une belle collection de chaussures

3 mois que je suis maman encore, maman autrement

3 mois ma toute belle, ma si douce, ma rayonnante

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ALLAITEMENT

La tétée la plus douce

Tout le monde dort profondément.

Je me réveille, je ne sais comment. Chaque nuit, malgré la fatigue, le même scénario se répète. Il existe cette connection unique entre elle et moi. Un truc fabuleux qui ne s’explique pas. Un truc qui fait, qu’au beau milieu de la nuit, vers 3h, je sors de mon profond sommeil.

Je l’entends.

Elle gigote un peu dans sa nacelle. Elle émet quelques miaulements, à peine perceptibles, dans le silence de la nuit.

Elle a faim, elle veut son lait.

Je la prends dans mes bras, elle n’a pas encore pleuré. A quoi bon attendre, puisque je sais qu’elle a faim et qu’elle me réclame?

Sans allumer, je vais jusqu’au salon et je m’assois dans le fauteuil moelleux, parce que c’est là que je suis le mieux installée.

Je la pose délicatement sur le coussin d’allaitement. Elle tête, avec appétit, encore à demie endormie. Parfois elle ouvre grand les yeux, ses yeux immenses et tout ronds, qui me font toujours sourire. Nos regards se rencontrent. Même dans la pénombre, on se voit tout à fait distinctement. On se regarde.

J’ai une bouteille d’eau à côté, à portée de main. Chaque soir, avant d’aller me coucher je vérifie qu’il y ait suffisamment d’eau. Ma petite organisation est rodée. J’ai toujours soif, dès qu’elle se met à téter. Je bois quelques gorgées.

Elle pose sa main en étoile sur mon sein. Je fonds dès qu’elle fait ça. Sa toute petite main jolie.

Je lui carresse le visage. Elle sourit, tout en continuant de téter. Je souris aussi, ensommeillée, dans la pénombre.

Quand elle a finit, qu’elle est rassasiée, je la garde un peu contre moi. Je sais qu’elle ne fera peut être pas son rot, elle est toute endormie.

J’ai envie de prolonger ce moment ouaté. J’aime tant sentir son corps minuscule et tout chaud, ses effluves de lait, de bébé et de sommeil. Le meilleur parfum du monde!

Elle est là, complètement abandonnée, contre moi. Je profite quelques instants encore, du plus doux des moments, avec mon bébé, consciente que le bonheur se niche là, contre moi.

Ensuite, je la pose délicatement dans sa nacelle. Je lui murmure « à toute à l’heure ma jolie ». Elle se rendort seule, si ce n’est pas déjà fait, et je retourne me coucher dans le silence de la nuit.738