NAISSANCE

Ce jour là

Ce jour là, je me suis levée tranquillement, j’ai donné son bib à Petit bonheur. Bientôt grand frère et encore si petit. Je ne dois pas le porter, mais à 38 semaines, les recommandations sont désormais moins strictes.

Je prends une longue douche, je me lave les cheveux et me tartine de lait hydratant. Chaque mouvement me demande des efforts auxquels mon corps consent. J’avais envie d’être jolie, d’être prête, au cas où, ce soit le jour J.

J’enfile ma tenue préférée de fin de grossesse: un legging et une robe pull rayée. Je chausse mes bottes toute seule bien que ce soit limite. Il est vraiment temps que tu sortes de là ma douce.

Mister Bonheur a géré le baby sitting de Petit bonheur ce matin, pour m’accompagner chez le gyneco pour la visite de contrôle.

On y va à pied, ce n’est pas très loin, 10 minutes de marche (comprendre 15-20 minutes baleinesques, pauses contractions inclues). Je suis peu sortie ces derniers temps, avec l’hospitalisation, le repos strict chez moi, la fatigue (un comble puisque je suis au repos!) et les contractions sur la fin. Ca me fera du bien de prendre l’air. Chaque sortie a des airs de fête!

Il n’y a pas trop de monde au cabinet, ce matin là. Le samedi matin les consultations sont sans rendez-vous formels, selon l’ordre d’arrivée.

Le doc blague un peu avec Mister bonheur, regarde mon dossier, lit le courrier rédigé hier par la sage femme qui me suit à domicile deux fois par semaine.

Il me dit ah c’est pour aujourd’hui!

Oula.

L’examen le confirme.

Ma tension fait des bons (en même temps comment pourrais-je rester calme si c’est pour AUJOURD’HUI?!).

Le poids du bébé est estimé à 3,6kg

Il me dit ça va quand même pas se finir en césarienne! Il note déclenchement sur mon dossier. Déclenchement, bordel!

Il appelle la clinique pour les prévenir de mon arrivée, en début d’après midi. Là bas, ils préfèrent en fin de matinée.

On se dit à tout à l’heure. En plus du bébé, j’ai des papillons dans le ventre.

Je sors dignement.

Déclenchement.

Arrivée près de l’ascenseur mes larmes coulent.

C’est naze, je sais. Mais rien à faire j’ai peur.

Ce moment, je l’attends. Cette fin de grossesse est difficile. J’ai hâte de mettre ma fille au monde, de la rencontrer et de retrouver mobilité et autonomie, de reprendre les rennes de mon foyer, de pouvoir m’occuper de mon fils.

Je n’avais pas pensé au déclanchement, puisqu’on me disait qu’il fallait garder bébé le plus longtemps au chaud, et voilà qu’on te presse!

Je n’ai pas envie de brusquer mon corps, d’aller contre nature, même si je sais que ton arrivée ne devrait plus trop tarder. Je sens depuis une semaine que c’est pour bientôt.

On rentre. J’ai des contractions assez fortes mais je les gère. Je suis heureuse, mon corps s’active comme s’il avait capté le signal.

J’appelle ma mère pour qu’elle vienne prendre le relais avec Petit bonheur.

Je tourne en rond en l’attendant, je brasse, incapable de me poser. Je suis nerveuse, à fleur de peau, je ne veux pas parler, à personne. Je veux être seule et en même temps non.

Je vérifie une énième fois le sac d’accouchement, la valise du bébé, pour m’occuper. Je prépare tout à l’entrée.

Ma mère arrive. J’ai pas envie de discuter, je sens l’émotion prête à exploser. Je pars accoucher, j’ai hâte. J’ai peur. J’aime pas accoucher. J’aime pas l’hopital, je veux pas pousser, j’ai pas envie d’y aller. Bon sang je vais chialer.

On s’arrête acheter un assortiment de salades et une quiche chez Stephan K. Je ne vais JAMAIS chez le traiteur, mais aujourd’hui est un jour exceptionnel, alors je prends tout ce qui me plait sans regarder le prix. J’ai trop envie d’une quiche et du taboulé au coriandre. On passe pas prendre de choux pralinés chez Bernachon? Non on y va, je suis attendue.

Je sens qu’il faut y aller, de toutes façons. Mon corps se met en route, se prépare à donner la vie, pour la seconde fois. Olala!

J’envoie un sms d’anniversaire. Je préviens mes très proches de mon départ.

J’ai peur. Je suis excitée. Tout se mélange. J’ai envie de pleurer. De rire aussi. Flutain d’hormones.

J’ai soif, je bois une dernière gorgée avant de franchir les portes de la clinique. J’ai une pensé émue, pour cette vie à trois qu’on laisse derrière nous.

Il est midi… et quelques heures plus tard on sera quatre.

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NAISSANCE

Celles que je n’oublierai pas

Les sages femmes sont à l’honneur aujourd’hui dans les maternelles.

Des sages femmes, j’en ai rencontré quelques unes entre la préparation à la naissance avec l’haptonomie pour Petit bonheur, la naissance de mon fils, l’hospitalisation pour menace d’accouchement prématuré lorsque j’étais enceinte de Jolie douceur, le suivi à domicile, puis la naissance de ma fille et le séjour à la maternité.

Elles ont été là pour partager avec nous, des moments intenses dans notre vie.

Certaines m’ont profondément marquée. Rassurée. Soutenue. D’autres m’ont stressée. Paniquée.

Je n’oublierai pas l’accueil désastreux et la prise en charge dénuée d’humanité, lors de mon arrivée précipitée à l’hôpital, dans le premier hôpital venu, puisqu’il fallait faire vite, puisque j’avais perdu les eaux subitement à 34 semaines (7 mois et demi) et que je contractais toutes les 3 minutes.

Je me souviendrai de la puéricultrice et si douce et gentille, et la sage femme qui avaient pris la relève et qui étaient là pour la naissance de mon fils alors que j’avais tellement, tellement, peur de pousser et de tout donner, pour mettre mon fils au monde. Elles ont su m’encourager et trouver les mots pour me redonner la force quand je croyais ne plus en avoir. Je n’oublierai jamais leurs félicitations qui m’ont mis du baume au cœur, pour ce bel accouchement, comme elles disaient.

Je me souviendrai des infirmières et puéricultrices qui nous se sont occupées de Petit bonheur en néonatologie et qui nous tout expliqué patiemment, avec des mots simples, qui nous ont accompagné avec respect et humanité vers la découverte de la parentalité. Je n’oublierai pas que c’est grâce à leur soutient infaillible que j’ai pu l’allaiter mon enfant né prématurément. Je me souviendrai du réconfort, de la chaleur humaine qui apaise les peurs, des mots rassurants et déculpabilisants qui apaisent les pleurs. Je me souviendrais des rires aussi.

Je me souviendrai des sages-femmes si sympas de l’hôpital, pendant mon séjour pour la MAP, lors de ma seconde grossesse. La petite brune avec qui on parlait lecture ou la jolie blonde, étudiante, si douce et compétente, que je n’avais jamais l’impression de déranger et qui était venue me dire au revoir avant mon retour à la maison, alors qu’elle ne s’occupait pas de moi ce jour là.

Je me souviendrai de l’adorable sage femme, qui est venue me voir à la maison, deux fois par semaine, pour me suivre de près, après l’hospitalisation. Je me souviendrai de son étonnement à la lecture de mon dossier et de sa surprise encore plus grande, de me voir « encore là » à chacune de nos rencontres semaines après semaines.

Je n’oublierai pas la sage femme qui m’a accueillie avec beaucoup de gentillesse à notre arrivée en salle de naissance et qui m’accompagnée et écoutée pendant tout le travail avant l’arrivée de Jolie douceur. J’aurais aimé qu’elle me dise son prénom et j’aurais préféré qu’elle ne fasse pas de second degré ce jour là, puisque j’avais laissé mon sens de l’humour à la maison.

Je n’oublierai pas la sage femme qui était présente à la naissance de ma fille et qui nous a ensuite laissé du temps, tout les 3 pour faire connaissance, dans l’intimité. Elle a laissé Mister bonheur habiller Jolie douceur lui-même, comme je lui avais demandé, et m’a trouvé la couverture que je réclamais depuis des heures.

C’est ce genre de petites choses qui rendent un moment inoubliable vraiment merveilleux.

main mai 2013

NAISSANCE

Ma douce

Ma petite, ma poupée, ma merveilleuse, ma toute belle, ma douce, ma numerobis est arrivée comme une fleur samedi, le 23 février, en fin de journée.

Les flocons de neige tourbillonnent.

Il y a de la magie dans l’air.

Tout s’est merveilleusement bien passé.

J’ai eu un accouchement fabuleux qui réconcilie avec la vie.

Je lui ai offert la naissance pleine d’amour dont je rêvais pour elle.

Notre rencontre fut d’une douceur sans nom.

Tout va bien. Pour elle, pour moi, pour nous.

La fatigue. Le bonheur. La joie infinie.

Une famille, une vraie famille. Nous voilà au complet.

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