GROSSESSE, MES GONES

Est-ce une bonne idée d’avoir deux enfants rapprochés?

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Il y a eu ce billet  de Lexie et celui ci de LMO qui ont fait écho à des ressentis vécus lorsque j’étais enceinte de Jolie douceur.

L’annonce de ma première grossesse a suscité beaucoup d’enthousiasme. Quand tu es en couple depuis longtemps c’est un peu la suite logique de fonder une famille. L’enfant est attendu par tout le monde et personne n’est vraiment surpris.

Après la naissance de Petit bonheur, on a très vite parlé d’enfants rapprochés sans rien planifier et Jolie douceur s’est invitée immédiatement.

Petit bonheur n’avait pas un an quand on a annoncé  ma seconde grossesse et la nouvelle a suscité de l’étonnement  et un paquet de remarques pas très agréables : mais vous en voulez combien?? C’était voulu?! Aaah bon? Déjà? Ah ben vous serez au complet après!Peut être que les gens projetaient leurs propres craintes?

J’ai eu l’impression de devoir justifier notre choix, pendant et après la grossesse quand je me promenais enceinte avec Petit bonheur ou plus tard, avec mes deux bébés.

Quand on me disait que ça allait être génial, qu’on allait les élever en même temps je percevais la formule convenue, polie, trop, pour être sincère.

J’ai rencontré plusieurs parents d’enfants rapprochés et de jumeaux (inspirant sur le comment gérer deux bébés) et ça m’a fait un bien fou de récolter des témoignages, d’observer pour me faire une idée de ce qui nous attendait, et de voir que je n’étais pas la seule à vivre une situation hors de l’écart type de deux/trois ans entre chaque enfant.

J’ai  vécu ma deuxième grossesse moins « bidon centrée »  tout en essayant de profiter à mort au cas où ce soit la dernière. Pas facile, j’étais déjà bien occupée avec Petit bonheur, crevée par les nuits souvent hachées et les maladies infantiles à gogo.

Si j’étais plus sereine sur le côté technique (transformation du corps etc) j’ai été en proie à des interrogations différentes mais non moins intenses.

Est ce vraiment une bonne idée? Qui gardera Petit bonheur (ze BIG question) à la naissance de sa soeur? Est ce que j’y arriverai avec enfants deux à gérer souvent seule (la journée et le soir), alors qu’avec un c’est chaud? Est ce que mon couple tiendra bon? Et si je me retrouve seule avec les deux, comment je vais faire? Est ce que je retrouverai une vie ou est ce que je serai enfermée à jamais dans la maternité? Est ce que je me retrouverai moi? Est ce que j’aurai encore du temps? Et est ce que je pourrai encore travailler? Est ce que j’arriverai à tout concilier? Est ce que je serai assez organisée? Est ce que je saurai être équitable. Etre assez ceci, cela?

Bref j’ai eu des moments angoissants, qui nous ont pas mal déstabilisé (Mister B. panique un peu lorsque je broie du noir) mais je crois que c’est ainsi que je vis les grossesses, entre bonheur et angoisses, avec une humeur très très variable qui me rend cash, pas diplomate et ultra susceptible (ambiance!).

On a mis du temps à se projeter, alors que lorsque j’étais enceinte de Petit bonheur on ne faisait que ça se projeter, entre les bouquins lus à deux, les préparatifs à deux, les séances d’hapto, l’attente à deux… Là c’était relativement nouveau d’être parents alors s’imaginer à quatre, avec deux bébés…

Côté préparatifs c’était vite vu, un deuxième lit à barreaux, des fringues a-d-o-r-a-b-l-e-s récupérées des filles de copines, un doudou choisi avec amour et en gros l’affaire était bouclée.

Et puis mon corps à lâché et j’ai été hospitalisée presque trois semaines et alitée chez mois ensuite encore trois semaines. Ce n’était pas évident, côté logistique puisqu’il fallait que j’arrête tout effort (pour éviter un accouchement prématuré et pour l’avoir vécu je n’avais pas DU TOUT  de risquer de réitérer l’expérience), que je lâche totalement prise et délègue tout à peu près tout.

Mon moral variait en up and down permanent, mais ces semaines m’ont permis de me concentrer sur mon bébé, de lui donner la place et l’importance qu’elle méritait en quelque sorte.

Et puis elle est arrivée. Le timing était parfait.

Une naissance magnifique, avec la réalisation de vœux, de souhaits chers comme la rencontre immédiate, le peau à peau, la fusion, la première nuit passée tous les trois avec Mister B. Et une fois qu’elle était là dans mes bras, c’était simple, doux, évident, magique et j’ai su qu’on avait fait le meilleur des choix, le choix d’une famille, de notre famille.

Aujourd’hui ils ont deux et trois ans. La logistique et les contraintes s’allègent. Petit bonheur et Jolie douceur se chamaillent, testent l’équité mais sont aussi très complices. Bien qu’ayant des personnalités très différentes, ils partagent de nombreux jeux et centres d’intérêts.

On vit les moments heureux qu’on avait pu imaginer. Et chaque jour je me dis kiffe, kiffe!

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GROSSESSE

Il y a un an

Il y a un an je sortais de l’hôpital à 34 semaines de grossesse.

Je me souviens…

Du soulagement sans nom d’avoir passé le cap de la grande prématurité, condition sine qua non de sortie. La menace d’accouchement prématuré devenait moins terrifiante.

De l’étudiante sage-femme aussi douce qu’adorable venue me dire au revoir alors qu’elle ne s’occupait pas de moi ce jour là. De cette douce sensation d’être considérée comme un être humain, pas juste une patiente ou un lit qui se libère.

De l’apaisement soudain lorsque l’autorisation de sortie était arrivée, enfin. Avec des recommandations de repos (23h/24h m’avait on dit) mais chez soi c’est pas pareil!

De Mister bonheur connaissant ma hâte de rentrer à la maison qui avait speedé comme un fou, pour venir me chercher à 14h30, après le service du midi. Il a organisé ma sortie administrative, chargé mon bordel les valises, rapproché la voiture au plus près et roulé le moins sport plus doucement possible. Mon prince.

Je me souviens du plaisir d’enfiler mon manteau, bien rempli, pour prendre l’air après 18 jours d’isolement d’hospitalisation précipitée, de gouter ce froid saisissant, ce froid qui pince. Je me souviens des quelques pas pour aller jusqu’à la voiture, tellement heureuse j’aurai dansé (mais ce n’était pas conseillé). Une sortie! Je savais que les occasions de sortir seraient rares pour les semaines suivantes, mais qu’importe!

Et la joie, indescriptible de retrouver mon Petit garçon, de lui donner son biberon le soir, son petit corps lové contre le mien. La joie de le voir grandit, me donner ses cubes, me tendre un livre pour une histoire depuis le canapé, le voir jouer avec son père.

La joie d’être chez moi, tant pis pour le bazar, l’appart attendrait encore un peu avant d’être rangé.

Et retrouver mon lit, mon homme, ma vie qui reprenait son cours.

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GROSSESSE

38 semaines # ma grossesse

Bon sang, 38 semaines de grossesse et j’ai l’impression d’être au bout du bout. Le 9e mois, quoi!

Il FAUT qu’il se passe quelque chose.

Je dors mal la nuit, par tranche de deux heures, d’un sommeil léger.

Heureusement que je fais une sieste réparatrice d’un sommeil de plomb en début d’après midi.

J’ai les ligaments hyperlaxes qui tirent, le ventre prêt à éclater. Mes pieds (me) gonflent et j’ai ressorti les bas de contentions+ que je devais porter durant mon séjour à l’hosto. Glamour quand tu nous tiens… En parlant de glamour, je passe sur mon épilation, hein…

Je m’active (un jour sur deux) je frotte, je brique, je range, je passe l’aspi, je bidouille ma valise, je cuisine, je porte Petit bonheur (10kg quand même), je ramasse ses jouets à quatre pattes, je mets mes pompes (c’est ce qui est le moins fastoche je crois).

J’ai faim. Tout le temps. J’ai pris 3kg en 15jours. Bref…

J’ai à nouveau une sensibilité ultra développée (euphémisme), je démarre au quart de tour, faut pas me chercher.

Quand je suis de bonne humeur, la majorité du temps en fait, je vis dans ma bulle en mode bidon-centrée, avec mon bébé, ma numerobis, ma fille, en fusion.

J’appréhende mon séjour à la maternité (passage pourtant obligé) que j’espère express.

Et je me pose un tas de questions. J’ai hâte de savoir ce que ça fait d’être maman pour la deuxième fois. J’ai hâte de la sentir tout contre moi.

GROSSESSE

Mon deuxième enfant: 10 questions que je me pose

Je ne sais pas ce que les prochaines semaines nous réservent.

Tout sera à redécouvrir, à recréer. Une nouvelle page va s’écrire dans l’histoire de notre famille.

Des questions je m’en pose, des tas. Plus par curiosité, que par anxiété. Je sais que ça ira. Que je saurais faire.

Je me demande quand même…

Est-ce qu’elle va rentrer dans ses pyjamas taille naissance? (pas si sûr)

Est-ce que j’échapperai (encore) à l’épisio?

Est-ce qu’on fera du peau à peau à la naissance?

Est-ce que j’arriverai à (bien) gérer mes deux tout petits?

Est-ce que c’est plus facile quand on sait déjà, un peu, à quoi s’attendre?

Est-ce que j’aurai le baby-blues (probable)?

Est-ce que Mister bonheur saura me comprendre et me réconforter, dans les moments difficiles?

Est-ce qu’elle dormira (j’espère)?

Est-ce qu’ils se ressembleront?

Est-ce qu’on l’aimera autant qu’on l’aime, lui?

Ca paraît fou… Il paraît que l’amour maternel ne se divise pas et se multiplie à chaque fois. J’ai hâte de le vivre pour le savoir…

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GROSSESSE

37 semaines # ma grossesse

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Ah, nous voilà à la fin de la 37e semaine! Le fameux dernier mois de grossesse.

Je n’en reviens pas. Déjà?!

Il y a une faille spatio-temporelle, je ne vois pas comment c’est possible autrement.

Et en même temps, qui l’eût cru? Autour de moi, tout le monde semble étonné de me voir encore enceinte à ce stade! A commencer par le gyneco.

Tout va bien, la situation est stable.

J’ai rencontré l’anésthésiste et je suis rassurée à l’idée d’accoucher à la maternité où je me suis inscrite initiallement.

Je vis une fin de grossesse heureuse. Lourde, mais heureuse!

Je me laisse bichonnée et je reprends goût à une vie baleinesque normale.

Dès que j’ai eu l’autorisation de sortir et de m’activer (un peu) je suis allée me faire couper les cheveux, parce qu’on sait bien qu’après je n’aurais plus le temps. Croyez-moi ce n’était pas du luxe! Je revis.

On profite de quelques moments de libre à deux, pour des petites balades ou pour aller manger un morceau dans notre quartier et découvrir des adresses gourmandes à deux pas de chez nous.

Je m’active en douceur à la maison. Non pas que les tâches ménagères m’aient manquées, mais le choc sera surement moins rude si je reprends tranquillou une certaine forme d’activité. Passer d’une vie bien remplie et ultra speed au repos total a été assez hard, mais le contraire pourrait l’être aussi! Et puis j’ai envie de nous préparer un petit cocon pour cette nouvelle vie à quatre.

Et ce qui est chouette, dans ce dernier mois, c’est que je peux à nouveau m’occuper de Petit bonheur et le couvrir de calins. J’ai eu droit au premier bisou, celui qui ne fait pas de bruit et qui bave. C’est marrant, ces dernières semaines il venait vers moi, sans trop s’attarder, comme s’il avait assimilé que je ne pouvais pas le porter, jouer avec lui etc. Là, il a tout de suite capté la différence, même s’il y a encore plein de choses que je délègue, comme le bain. Faut pas exagérer…

GROSSESSE

36 semaines # ma grossesse

Il y a un mois de ça, je me rendais tranquillou à mon RDV pour l’écho du troisième trimestre et j’ai été hospitalisée d’urgence pour menace d’accouchement prématuré.

Il y a un mois de ça, les médecins et sages-femmes me disaient que si je passais le cap des 33 ou 34 semaines ça serait bien, vraiment bien.

Il y a un mois de ça, j’ai imaginé le pire, on a eu peur, très peur, pour toi, pour nous, pour notre famille.

Il y a un mois de ça, on a évoqué la naissance prématurée, les éventualités, la réanimation potentielle, l’intubation, la néonatologie et tout le toutim.

Il y a un mois de ça, j’avais le coeur en peine de renoncer (peut être) à un accouchement comme j’en rêvais, avec une rencontre immédiate et merveilleuse à la clé.

J’ai respecté les instructions. Je suis restée allongée tout le temps, ou presque. Je ne suis pas sortie prendre l’air, alors que j’en avais une envie folle. Et je n’ai plus porté Petit bonheur.

Et de jour en jour, de semaine en semaine, on a écarté les risques et tu es toujours là, en moi.

Voilà plus d’un mois que nous sommes en alerte. On sort doucement de la pathologie pour se glisser vers la normalité.

Aujourd’hui je suis détendue, je sais que tu naîtras bientôt et tout ira bien.

Je sais que je ne culpabiliserais pas, j’ai fait tout mon possible, j’ai fait ce qu’il fallait, pour toi. Une maman ne souhaite que ce qu’il y a de mieux pour son enfant, c’est vicéral, ça ne s’explique pas.

On a trouvé les solutions pour que Petit bonheur ne soit pas trop impacté par la situation. Mon fils est un petit garçon très sensible. Heureusement il semble très épanoui. Il est dans une phase d’éveil intense. Il passe petit à petit du statut de bébé à celui de grand frère. Il sait qu’il se passe quelque chose. Quand je suis dans ma chambre, il aime me rendre visite, me donner un cube. A chaque visite de la sage femme, il vient nous faire un coucou et repart joyeusement, après s’être assuré que tout allait bien! Les enfants sont étonnants.

Si près du but, je savoure chaque instant, parce qu’on ne peut pas savoir. Et si c’était le dernier jour? Le dernier bain enceinte? La dernière fois que je porte ma salopette adorée? La dernière nuit de huit heures d’affilées? Le dernier bouquin dévoré d’un trait? Les derniers coups de pieds? Les derniers moments enlacés, en amoureux, avec les mains réconfortantes de Mister bonheur, posées sur mon gros ventre? Les derniers moments de liberté? Ah la liberté, j’aurais bien du mal à y renoncer!

Et pourtant, qu’est ce qu’on t’attend…

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GROSSESSE

35 semaines # ma grossesse

Toujours enceinte et toujours au repos.

C’est pas fun tous les jours mais tant qu’à (ne rien) faire, autant tirer parti de la situation et de son ambivalence. Je bouquine, je mate des DVD, je sieste quand j’en ai envie et quand Petit bonheur, plein de vie, le permet.

Ma mère le gère trois jours par semaine. Je me suis bien conditionnée, la cohabitation se passe bien au final et ils s’éclatent tous les deux. Bon, l’appart c’est Beyrouth par contre. Mais y a pire dans la vie, non?

Ah et Petit bonheur est habillé bizarrement pour aller à la crèche, avec plusieurs sorte de rayures et des couleurs mal assorties. Son père gère…au mieux!

Chacun fait ce qu’il peut et ça fonctionne plutôt bien. Je me surprends à ne rien dire, même si certains trucs m’agacent (un peu). C’est celui qui fait qui a raison, paraît-il! Alors je lâche prise.

Mademoiselle numerobis pèse plus de 2,7kg selon les dernières estimations et tout semble ok d’après la sage femme.

Voilà, voilà, dernière ligne droite, ma 35e semaine touche à sa fin et je me sens plus zen et détendue.

Je vis au ralenti, je suis en fin de grossesse, je le sens, je le sais, je n’en peux plus, j’ai hâte et en même temps je ne suis pas pressée de me laisser rattraper par le rythme effrené (et les nuits pourries) qui nous attend! Je savoure encore et encore les vagues, les petits hoquets et les adorables coups de pieds.

ps: la tunique (d’allaitement) vient de chez Seraphine, elle est bien soldée et elle est top pour la fin de grossesse.

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