REAL LIFE

Des crêpes vonnassiennes et un peu de toi

eliott et mamie mains 22 octobre 2012

Novembre est un mois qui apporte la vie, la joie sans pareille, et novembre emporte les précieux, ceux qu’on aime, ceux qui comptent.

Ambivalence…

C’était il y a un an.

Je venais te voir chaque dimanche, comme au bon vieux temps, et ton visage s’illuminait.

Tu avais encore les ongles vernis, les mains si douces et un de tes gilets bien chaud affibel.

On papotait de tout, de rien, des enfants, de la vie.

Tu parlais de ton retour chez toi, même si, cette fois, on y croyait pas trop, mais l’espoir c’est encore la vie.

Et puis tout s’est accéléré et j’ai décidé que je ne viendrais plus.

Je préférais garder en mémoire ma dernière visite, avec les enfants. Un souvenir joyeux, avec ton rire.

Tu avais tes enfants près de toi, se relayant chaque jour pour t’accompagner jusqu’à la fin.

Mais tu ne partais pas.

Tu m’attendais.

Alors je suis venue.

J’ai pleuré, je m’en suis excusée, mais je pouvais pas faire autrement, les larmes coulaient toutes seules sans s’arrêter.

J’ai parlé, parlé, parlé et cette fois tu ne pouvais plus répondre.

Mais tu était là. Toi aussi tu avais les yeux mouillés. De joie, paraît il.

Tu m’attendais. Ta petite fille adorée, ta préférée, ton presque 5e enfant.

Et le lendemain, quand mon téléphone a sonné, je n’ai pas eu besoin de regarder, je savais. Je savais que tu étais partie.

J’ai gardé les larmes pour plus tard.

Cet hiver il n’y aura pas de petit bonnet tricoté pour mes enfants. Pas d’écharpe très longue parce que tu sais que c’est comme ça que je les préfère. Les marrons glacés n’auront pas le même goût sans ton rire. Mais il reste les petites couvertures et ton vieux gaufrier de 86 qui marche encore.

Aujourd’hui c’est un anniversaire un peu triste, mais il faut mettre du bonheur dans la vie, par petite touches, pour ceux qui sont là, pour ceux qui restent. Je sais que c’est ce que tu ferais, mettre du miel dans le quotidien, parce que tu l’as fait toute ta vie, pour tous ceux qui t’ont connu.

Je n’irais pas au cimetière, trop triste. J’irais acheté de belles fleurs, parce que tu en avais toujours chez toi et je ferais des crêpes vonnassiennes, avec le reste de purée de midi. Pour garder un petit morceau de toi et ne pas oublier…

091

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7 réflexions au sujet de “Des crêpes vonnassiennes et un peu de toi”

  1. On sent tout ton amour, ta tendresse…. Le temps passe, la peine demeure et s’aiguise même parfois. On continue, on avance, on reprend le cours de nos vies, de nos plaisirs, de nos joies et on garde bien au chaud dans nos coeur ceux qui sont partis. Merci pour ce billet qui parle si joliment, si tendrement d’un sujet que peu ose aborder

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