ETRE PARENTS

Eduquer sans fessée ni punition

 mains

J’ai reçu une éducation douce et libre à base de respect et d’écoute.

J’ai reçu deux, peut être trois fessées. Je me rappelle de la culpabilité de ma mère, de ses excuses.

Je n’ai jamais reçu de gifle, ni de tape sur les doigts.

Je n’ai jamais été forcée de finir mon assiette, ni même de manger si le plat servi n’était pas à mon goût.

Je n’ai jamais été privée de dessert pour autant.

Je n’ai jamais été envoyée au lit comme une punition.

Ma mère, déjà, savait qu’on n’éduque pas à la non-violence par la violence. Elle a fait de son mieux.

Elle me ne disait pas de taper plus fort (même par les mots) dans la cour de récré si on me blessait, elle m’enseignait la répartie, l’indifférence.

En tant que maman, je suis ce chemin de la bienveillance envers les petits, instinctivement. Ce qui m’a été transmis sert surement de base.

Avec Petit bonheur on a passé des moments difficiles (on en passe encore parfois, et on en verra d’autres) mais je ne me résous pas à lever la main sur lui. Jamais. Je lui apprends à ne pas taper. Alors comment pourrais-je le taper, moi, sa mère? Je m’emploie à lui transmettre la confiance, le respect, alors comment l’ébranler avec la loi du plus fort? Je n’éprouverais pas de soulagement, juste cette vilaine culpabilité qui ne sert à rien. Et puis mes mains sont celles qui bercent, caressent, chatouillent, nourrissent, sécurisent, protègent. Comment pourrais-je les faire douter, de cette partie de moi qui distribue amour et tendresse?

Je l’ai mis au coin (deux secondes chrono) une ou deux fois. Même cela m’interroge. J’ai envie à la place, de proposer un coussin de réflexion, lorsque cela s’avère judicieux, en plus des explications. Les petits comprennent et absorbent tant de choses.

Je ne force pas les enfants à manger, pas plus qu’on m’a forcée. Parfois je ruse, en planquant certains légumes, c’est vrai, mais c’est pas pareil.

Je ne dis pas aux enfants qu’ils sont vilains ou méchants. Un enfant ne l’est pas, c’est son comportement qui peut être inapproprié. Je ne peux pas leur coller ce genre d’étiquettes, je ne veux pas qu’ils s’identifient comme tels.

Je dis aux enfants quand j’en ai marre, quand ils vont trop loin, qu’ils m’agacent, j’assume mes émotions.

Tout n’est pas permis, on pose des limites, elles sont nécessaires, structurantes pour les enfants. On les pose sans avoir recours à la violence.

Je ne suis pas parfaite ni donneuse de leçon. Je me gourre, je teste, j’apprends, j’adapte. J’avance.

Chacun fait de son mieux. Chacun fait comme il peut.

Je dois affirmer mes positions autour de moi, revendiquer mes choix de coopération face à la résistance. Quelques fois les esprits s’ouvrent. Quelques fois les mentalités « à l’ancienne » campent sur leur vieux schémas de violence (soit disant) éducative.

Les choix éducatifs font évoluer le cercle des relations, il est vrai. C’est ainsi, on a envie de partager et d’échanger avec des gens avec qui ça résonne, avec qui on se comprend spontanément, sans tout se dire.

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6 réflexions au sujet de “Eduquer sans fessée ni punition”

  1. Bonjour ,
    cela fait quelques semaines que je lis assidûment tes articles (je me permets le tutoiement car tout ce que tu dis résonne tellement en moi que j’ai l’impression d’écrire à une amie!).Je trouve ton blog merveilleux.Ta sensibilité et ton humanité ressortent à chaque ligne.Pour moi c’est le plus beau blog de maman sur le net ( et j’en ai écumé pas mal car il y a quelques mois j’ai été hospitalisée avant l’arruvee de Bébé 2).
    Ce qui est magique c’est que tu écris à chaque fois sur le thème qui le questionne:là ça fait 2 soirs/nuits (vive l’allaitement!) que je lis sur l’éducation bienveillante et hop ce matin te voilà.C’est ça pour tous tes posts,c’est incroyable!
    Avec une mentions spéciale pour ´la voie du milieu’.Je l’ai lu à mon compagnon qui a cru que c’était moi qui l’avait écrit…
    Alors permets-moi de te dire merci pour ces mots qui font du bien et merci de m’aider à penser qu’il y a d’autres mamans,ailleurs,qui fonctionnent un peu (beaucoup!) comme moi…
    Merci pour cette dose de bonheur les matins ou tu écris.J’envoie de gros bisous à Petit Bonheur et Jolie Douceur.
    Belle journée à vous tous!

    1. J’ai pas beaucoup dormi (les dents de Jolie douceur) et je me sens bien émotive aujourd’hui. Et là je te lis et paf voilà je verse ma larme, il est 9h17. Tout ça pour dire Merci ❤ ❤ ❤

  2. j’essaye au plus les methodes sans violence mais à 4 ans TJ fait beaucoup de caprice, il est violent, il jette des choses par terre, il nous tape : on le met au coin et on le punit en enlevant des privilèges, on ignore au maximum quand il fait un caprice pour qu’il voit que ça ne nous intéresse pas. Mais plus les enfants grandissent, plus c’est difficile je trouve 🙂

  3. C’est très dur effectivement de respecter nos enfants dans la bienveillance tant leurs émotions font écho aux autres et à nos frustrations… Je crois qu’une des clés est vraiment de comprendre l’origine des heurts afin vraiment s’adapter à chaque situation, chaque moment… Pas de miracles, juste des humains en face à face, et des enfants sans notre « filtre éducatif ».

    1. En effet, mettre des mots sur nos émotions et frustrations permet d’éviter certains maux. Les tout-petits sont tellement « brut » et dans l’instant, ils nous invitent à évoluer sans cesse en touchant (cherchant) nos limites.

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