PREMATURITE

Allaiter un bébé prématuré c’est possible

Le désir d’allaiter je l’avais déjà avant la naissance de Petit bonheur. Je ne cherche pas à convaincre, c’est tellement personnel. L’allaitement je suis pour, même si je crois qu’il vaut mille fois mieux donner un bib avec amour que d’allaiter à contre coeur.

Moi, j’avais envie d’essayer, si ça marchait tant mieux, je m’étais dit que je ne m’acharnerais pas, je ferais confiance à dame nature. J’avais lu deux trois livres empruntés à la bibliothèque, mais ça me parraissait assez abstrait tout ça.

Quand Petit bonheur est né, à 34SA j’ai été étonnée qu’on me demande comment je souhaitais le nourrir. Je ne pensais pas que je pourrais l’allaiter. Au contraire, le lait maternel est vraiment bénéfique pour les bébés prématurés. Et pour le lien mère-enfant, en particulier après une naissance compliquée, rien de tel que l’allaitement. Mais tout ça mériterait qu’on en reparle…

Bref, le soir, après notre transfert en néonat, on m’a donné un tire-lait. J’avais le droit de dormir d’un trait la première nuit, mais ensuite je devais m’en servir (15/20 minutes pour chaque sein) toutes les trois/quatre heures la journée et toutes les cinq heures minimum la nuit, pour favoriser ma montée de lait et mettre en place l’allaitement.

Deux jours après sa naissance, on a tenté une première tétée de bienvenue, celle qui est proposée à la naissance en général. Nous reprenions, les choses là où nous les avions laissé. Je n’avais pas encore de lait et Petit Bonheur n’avait pas encore assez de forces pour téter. Qu’importe, le contact, le peau à peau favorise grandement les choses. Le moral, la proximité et le lien avec le bébé jouent beaucoup dans la mise en place de l’allaitement.

Je continuais de tirer mon lait et, alors que je commençais à désespérer, j’ai vu les premières gouttes apparaître dans le flacon! Ah mes efforts (et ma douleur du départ!!) étaient récompensés! Ma montée de lait s’est faite rapidement, la troisième nuit. Au petit matin, youhou j’étais transformée en Lolo ferrari!

Malgré tout, j’avais peur de pas y arriver. Je manquais d’intimité. J’avais besoin d’aide, je n’arrivais pas à installer mon bébé tout branché toute seule. Il y avait trop de va et vient dans notre chambre, parfois quatre infirmières et puéricultrices étaient là, à nous observer, alors qu’une personne pour m’aider suffisait! Je me sentais nulle, incapable.

Mister bonheur a été plus que formidable, il m’a réconforté sans relâche, il trouvait les mots justes à chaque fois pour me rebooster, quand j’étais sur le point de craquer. Les pères ont vraiment un rôle primordial à jouer dans l’allaitement.

Au bout d’une semaine, Petit bonheur à commencé à tétér. Une ou deux gorgée et basta. On le cueillait à chaque moment d’éveil, il souriait, se rendormait contre moi. On lui chatouillait les pieds (aucun effet), lui parlait, l’encourageait, lui caressait l’oreille, le changeait en cours de route, pour le stimuler mais c’était pas gagné. Les tétées duraient presque une heure à chaque fois.

On a essayé différentes méthodes, pour faciliter la prise de lait, les embouts, la jack méthode (pipette avec du lait dans un récipient que l’on met dans la bouche du bébé en plus du sein. Le lait vient plus vite, ça l’incite à maintenir son effort de sucion). On le laissait dormir sans compléter avec l’alimentation par sonde, pour voir s’il aurait plus d’appétit la fois suivante (mais non!).

On le pesait avant et après chaque tétée pour vérifier la quantité prise et compléter avec l’alimentation par sonde en fonction (composée du lait que je tirais et de lait artificiel quand je n’en avais pas assez)

Il prenait 5 ou 10ml, soit moins d’un quart de sa ration. 15ml quand il était au taquet. Rien parfois. J’ai pleuré de désespoir, d’impatience, de lassitude. On a aussi beaucoup ri avec Mister Bonheur et les infirmières, pour dédramatiser.

L’équipe à été super. Encourageante, d’une infinie patience, nous incitant à la persévérance.

Je continuais le tire lait encore et encore toutes les 4 heures, même la nuit, après chaque tétée.

Je doutais. Et si ça venait de moi? Je n’avais pas assez de lait (la quantité s’adapte en fonction des besoins du bébé et vu qu’il ne prenait pas beaucoup…). Et si je n’étais pas capable de nourrir mon bébé? Et si avec le biberon il pouvait s’alimenter seul?

Je redoutais les mises au sein, tellement frustrantes, je commençais à perdre patience et à fatiguer de tout cela. Je n’avais pas envie que ce soit si compliqué, si contraignant, j’allais flancher…

Toute l’équipe, les infirmières, puér, la pédiatre m’ont rassurée. Il fallait encore lui laisser du temps, nous laisser une chance. Il était encore petit et fatigué et c’était dommage de compromettre tous les efforts engagés, si j’avais vraiment envie de l’allaiter. On allait y arriver, on y était presque. Moi qui m’étais dit que si ça ne le faisait pas direct, je n’insistrerais pas. Pour lui, j’ai tenu.

A la fin de la deuxième semaine, j’avais déjà plus de lait . J’ai vu une conseillère en lactation. Pas douce pour un sou, mais efficace et Petit bonheur prenait un peu à chaque tétée. Oui, on allait y arriver.

La troisième semaine, le déclic s’est produit. Petit bonheur tétait, enfin. Il prenait la quantité limite mais suffisante pour ne plus être complété avec l’alimentation artificielle, et sa courbe de poids était bonne. On tenait le bon bout!

Je continuais les sessions de tire lait, encore et encore, après chaque tétée pour entretenir et stimuler ma lactation, même si j’en avais ras le bol de cet appareil.

Les choses se sont vraiment décantées quelques jours avant notre sortie. On a commencé à deviner ce qui nous attendait dans le monde réel. Plus de scope, plus de fils pour relier Petit bonheur à une surveillance médicale permanente (et rassurante!), plus de pesée à chaque fois pour vérifier les quantités de lait prises.

Apprendre à se faire confiance, doucement. Se préparer à la vraie vie, celle qui n’attend que nous, dans notre cocon, sans filet de sécurité, avec l’immense joie d’écrire notre histoire à trois, et un peu peur aussi, et c’est bien normal de l’inconnu que connaissent tous les jeunes parents…

ps: la photo a été prise lorsque Petit bonheur (bien glouton!) avait trois mois à peu près.

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6 thoughts on “Allaiter un bébé prématuré c’est possible”

  1. Je tombe complètement par hasard sur ce billet, et à pic! moi qui m’interroge sur la capacité de mon bébé et la mienne à allaiter si je devais accoucher maintenant, à 36 SA… ce qui est probable.
    Merci de ce témoignage!

    1. Oui c’est tout à fait possible! Nous on a un peu galéré au démarrage (après ça roulait tout seul!) mais pour certains bébés même prématurés, l’allaitement peut se mettre en place très très facilement.

  2. Bravo pour ta persévérance! Je trouve ca très inspirant. Si mon bébé venait a naître prématurément, j’aimerais avoir ton courage, trois semaines avant que ça aille bien, ce n’est pas rien!

    1. Oui c’est vrai, trois semaines ce n’est pas rien. J’étais heureuse de faire « au moins ça » pour lui, ça me motivait.
      Et malgré les débuts compliqués, je ne regrette pas parce qu’après tout à été vraiment facile, c’est notre belle victoire.

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