ETRE PARENTS, MES GONES

Notre expérience de la prematurité

La prématurité, c’est une expérience qui boulverse et transforme.

Nous l’avons vécu, à la naissance de notre Petit bonheur. Il m’a fallu du temps pour digérer toutes ces émotions et mettre des mots dessus…

La prématurité, je croyais que ça n’arrivait qu’aux autres, je n’avais jamais imaginé que ça puisse nous concerner. Je n’ai rien vu venir, malgré les signes qui auraient pu nous mettre la puce à l’oreille.

Pour vous la faire courte, j’ai perdu les eaux, eu de fortes contractions très rapprochées, Mister bonheur a attrapé les valises à moitié pleines (débutées la veille…intuition maternelle?), on a filé vers l’hôpital le plus proche (qui n’était pas celui prévu à la base) et j’ai accouché quelques heures plus tard par voie basse, d’un magnifique petit garçon, bien ficelé, avec deux tours de cordon autour du cou, un tour autour du bras.

Evidemment, je me suis assise sur notre joli projet de naissance élaboré avec amour, pour m’en remettre au corps médical, en toute confiance. Dans ces cas là, autant coopérer, la priorité était le bien être et la santé du bébé.

Mon Petit Bonheur d’amour, je l’ai vu deux secondes chrono. On n’a pas eu le temps de faire connaissance. Il a fait une détresse respiratoire à la naissance. On a été transféré dans un autre hôpital, à 40 km de Lyon, quelques heures plus tard, après les premiers soins d’urgence.

Il est resté trois jours en soins intensifs en néonat, et trois semaines au total dans le service, pour se remettre de cette aventure, reprendre son souffle, et pouvoir s’alimenter de façon autonome (c’est à dire avoir la force de téter) pour rentrer, enfin, à la maison.

Mais on a eu de la chance. Petit bonheur est né à 34semaine + 1jour, il ne fait pas parti des grands prématurés. Il pesait 2,6kg, ce qui est un très bon poids pour ce terme là (on m’annonçait un bébé de 4kg à terme!). Mister bonheur était là chaque jour, avec nous, du matin au soir. C’était merveilleux d’être tous les trois, même si les conditions étaient différentes de ce qu’on avait prévu et désiré.

Nous avons eu une chance inouïe, parce que le service de néontat où nous étions était génial, l’équipe très humaine, à l’écoute, toujours prête à nous informer, avec des mots simples, à nous impliquer, à répondre avec une patience infinie à nos questions, à nous rassurer, à nous conseiller.

N’empêche, la néonatologie c’est un autre monde, un environnement médical, une haute surveillance de tous les instants, et pas mal d’émotions fortes pour les parents, absolument pas préparés (comme nous) à ça.

Il y a tout un jargon (le scope, la saturation, l’APS), des protocoles en veux-tu en voilà, des fils, des capteurs, des bips et des voyants qui font trop trop peur quand ils s’accélèrent et deviennent rouges,  des gestes précis et rapides qui sauvent des vies précieuses, et fragiles, des prises de températures, des pesées avant et après chaque tétées. Cet environnement médical, avec ses bruits et ses odeurs, devient LE point de repère de l’enfant, et un peu le notre aussi. On s’y habitue vite, quand on y vit 24h/24h. On ne sait pas si le temps file ou s’il est suspendu.

Il y a les soins. Prodigués avec douceur et respect, tenant compte du rythme de l’enfant quand c’est possible. L’équipe médicale qui explique au bébé ce qui va se passer, chante, nous invite à rester près de notre petit, pour le rassurer et chanter aussi.

Il y a la « vie quotidienne », les calins, le peau à peau qui fait du bien à tout le monde, les changes, le bain, les soins du cordon. On devient parent, on apprend à mettre un body et un pyjama de plus en plus vite…ou pas!

Il y a l’alimentation par sonde (APS), l’allaitement, les mises au sein, le tire lait toutes les 3 ou 4h, de jour comme de nuit. Toute une histoire. Je crois que je ferai un post plus détaillé…

Il y a les chambres mère-enfant joliement décorées à l’effigie du Petit prince. C’est si important d’être dans un environnement agréable et coloré, vu le temps qu’on y passe. On oublie, un peu, qu’on est à l’hosto et ça contribue, je crois, à créer le lien avec son enfant.  Moi qui ai horreur des hopitaux ça m’a bien aidé à tenir le cap.

Il y a les autres parents (surtout des mamans) et la salle commune, où l’on partage nos repas et un peu plus. On discute, on rigole, on relativise, on se raconte nos expériences. On se sent moins seuls, on se comprend, on est dans le même bateau.

Il y a ce tableau où sont accrochées les photos des petits bouts de chou, passés par là, qui ont bien grandi, envoyées quelques mois plus tard, par les parents. Là c’est sur, il y a la force, il y a l’espoir et l’optimisme.

Il y a l’être, au coeur de tout. Il n’y a rien de plus important que cette chaleur humaine, que cet amour, qui fait le lien avec la vie, avec notre bébé.

Il y a notre amour infini pour notre petit bonheur et l’amour de nos proches, que nos familles et amis, nous ont témoigné, qui nous a donné des ailes pour accompagner notre petit ange dans cette drôle d’aventure!

ps: La marche des bébés a lieu dimanche 14 octobre à Paris. Hop hop hop, pour faire un joli geste: filez sur la page de Marjoliemaman 😉

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23 thoughts on “Notre expérience de la prematurité”

  1. Plus je lis de témoignages de prématurité, et puis je me rends compte de la chance que j’ai de n’avoir jamais vécu cette épreuve… Bises à ton petit bonheur !

    1. Moi aussi je croyais que ça n’arrivait que rarement, ou dans des cas précis, de naissances multiples. Petit bonheur s’est bien repris depuis, les bisous sont un bon andidote 😉

  2. J’ai été très émue en lisant ton article.. C’est vrai que la prématurité c’est quelque chose à laquelle on ne s’attend pas et qui est surement une épreuve très difficile à vivre, de voir son petit bout avec des fils partout, de ne pas pouvoir repartir avec lui..

    J’espère que votre petit ange va mieux, pleins de bonheur à vous trois 🙂

    Ly

    1. Merci Ly. Le plus dur, c’était de ne pas pouvoir le prendre dans nos bras sans « autorisation » les premiers jours. Maintenant il va très très bien, il va avoir onze mois, il est en pleine forme!

  3. Oh…en lisant ton post je me suis rapellé du tableau de photo….il a passé 15 jours en néonat’ et ce tableau de photo, qui te donne tant d’espoir….moi ça n’a pas été aussi grave parce que le problème c’était moi, moi qui a été en service de réa, moi qui n’est pas pu aller voir bébé durant deux jours donc bébé ne voulait pas manger…oh oui cette sonde pour l’alimenter…les pesées avant et après tétées….j’angoissais à chaque pesée…c’est horrible…par contre nous les chambres étaient assez froides…avec barreaux aux fenêtres et vu sur…le métro…la liberté….j’ai péter un câble et ils nous ont fait sortir…c’étai qu’un problème de poids donc ça va hein! Tsss…jte jure….bref, pas évident tout ça…perso, je l’ai assez mal vécue: l’enfermement surtout et l’éloignement avec le papa…bref, tout à été bien mieux une fois rentré à la maison!

    1. Moi aussi mon home sweet home me manquait terriblement et mon homme aussi, même si on passait nos journées ensemble. La neonat’ c’est une parenthèse, avant de commencer la vraie vie!

  4. Etrange, comme on peut oublier.

    Mon fils est né à 35SA avec un poids de 2kg155 (ça, je ne l’ai pas oublié), j’avais oublié les pesées avant et après la tétée, les biberons de complément, l’hospitalisation, la sortie de la maternité, l’arrivée à la maison et l’hospitalisation à domicile qui a suivit….

    Pourtant à l’époque, quand mon fils est sorti de la maternité, il m’était impossible de ne pas le peser. Le pèse-bébé nous n’en avions pas, mais, qui dit prématurité dit « traitement de faveur », il nous a été délivré sur ordonnance médicale pour le contrôle à domicile tout comme le tire-lait électrique…

    1. C’est vrai, quand ils grandissent on oublie peu à peu.
      Ils deviennent des enfants, comme tous les autres et, au fil des mois, la prématurité et toutes ses conséquences se fait (dans le meilleur des cas) plus discrète.

  5. J’ai ma confirmation. Le Petit Prince aura fini de me persuader. Nous avons bel et bien fréquenté la même neonat (et les mêmes ressentis quant au professionnalisme dans cette neonat). Pour nous, tout à démarré il y a 13 mois…

    1. la néonat c’est dur! mais c’est une « chance » de tomber entre de si bonnes mains et dans un lieu où tout est fait pour créer du lien après un début difficile. j’espère que tout va bien pour vous?

      1. Je n’avais pas vu ta réponse… oui, aujourd’hui tout va bien… La neonat en question a été notre terre d’accueil. J’ai accouché dans un autre hôpital (enfin clinique), mes filles ont été transférées en réa chacune dans un hôpital, et nous avons demandé l’exil dans ce dernier pour nous réunir une fois que tout le monde serait re-transférable. Pour bénéficier de ces locaux exceptionnels, et de cette equipe toute aussi exceptionnelle!

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